Rapport Stora : Les harkis dénoncent le « minimalisme » de l’historien

GUERRE D'ALGERIE Le comité national de liaison de harkis regrette que l’historien se soit « abstenu de tout débat »

G. N. avec AFP

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L'historien Benjamin Stora remet à Emmanuel Macron son rapport sur la mémoire de la colonisation et de la guerre d'Algérie, au palais de l'Elysée a Paris, le 20 janvier 2021.
L'historien Benjamin Stora remet à Emmanuel Macron son rapport sur la mémoire de la colonisation et de la guerre d'Algérie, au palais de l'Elysée a Paris, le 20 janvier 2021. — STEPHANE LEMOUTON-POOL/SIPA

Le comité national de liaison de harkis (CNLH) a accusé samedi l’historien Benjamin Stora de « minimalisme » dans son rapport sur la colonisation et la guerre d’Algérie remis mercredi à Emmanuel Macron. « L’historien minimaliste s’est abstenu de tout débat ou avis contradictoire, pourtant nécessaire en démocratie », accuse le CNLH dans un communiqué transmis à l’AFP.

Dans son rapport, Benjamin Stora préconise de faciliter les déplacements des harkis - considérés par certains Algériens comme des traîtres collaborateurs - et de leurs enfants entre la France et l’Algérie. « C’est de la poudre aux yeux », a réagi Mohamed Badi du CNLH auprès de l’AFP, « ça existe depuis longtemps ». « Les personnes qui restent sont dans leur lit de mort ou sont âgées » et ne retourneront pas en Algérie, selon lui. « Quant aux enfants, les jeunes, quand ils y vont, ils sont mal accueillis », assure-t-il.

« Effroyable drame humain »

« Ce qui compte vraiment c’est que la France reconnaisse définitivement le mal qu’elle a fait. En cachant cette partie de l’histoire, elle fausse l’histoire », insiste Mohamed Badi. Une revendication appuyée dans le communiqué qui réclame « la vérité, la reconnaissance, la justice, la réparation ». Le CNLH souhaite « la reconnaissance par l’État français de sa responsabilité et de sa faute dans le désarmement, l’abandon et le massacre des harkis, après les accords d’Évian et le cessez-le-feu du 19 mars 1962 ».

Le CNLH veut aussi une reconnaissance « pour la réclusion arbitraire des rescapés dans des camps et autres lieux de relégation indignes, sans jugement et pour une durée indéterminée, dès leur arrivée en France ». « Cet effroyable drame humain et national ne saurait être occulté, c’est le sens de notre combat pour qu’enfin une page se tourne et que le travail mémoriel des deux côtés de la Méditerranée commence, en vue de la réconciliation des peuples, dans l’intérêt des générations présentes et futures », selon le communiqué.