Au technicentre de la SNCF à Rennes, les vieux TGV se font désosser — 20 Minutes

REPORTAGE

Rennes : Au technicentre de la Janais, les vieilles rames TGV se font désosser

Jérôme Gicquel

Installé sur le site de l’usine PSA, le technicentre rennais procède aussi à la modernisation des rames

  • Au technicentre industriel de la SNCF à Rennes, les vieux TGV en fin de vie se font démanteler.
  • Tout le matériel à bord, comme les sièges, les housses ou les pièces électroniques, est enlevé avant d’être recyclé.
  • Le site rennais procède également à la modernisation des rames un peu vieillissantes ainsi qu’à la réparation des freins de tous les trains en service sur le réseau.

Des papiers de bonbons et des jouets égarés traînent encore sous les sièges. Autant de souvenirs qui rappellent les nombreux voyages en famille effectués à bord du train. Mais depuis le 12 décembre, le TGV Atlantique 389 a pris sa retraite après trente ans de bons et loyaux services. « Il a douze millions de kilomètres au compteur et a transporté 14 millions de voyageurs durant sa carrière », indique fièrement David Lefebvre, superviseur opérationnel à la SNCF. C’est dans un immense hangar de 45.000 m² implanté sur le site de PSA La Janais au sud de Rennes que la rame, longue de 200 mètres et pesant près de 400 tonnes, achève son voyage.

Le TGV Atlantique 389, qui a pris sa retraite début décembre, va être démantelé tout le mois de janvier au technicentre industriel de la SNCF à Rennes.
Le TGV Atlantique 389, qui a pris sa retraite début décembre, va être démantelé tout le mois de janvier au technicentre industriel de la SNCF à Rennes. - J. Gicquel / 20 Minutes

Pendant un mois, des agents vont se charger de mettre à nu l’intérieur du TGV et d’enlever tout ce qui peut l’être, des sièges aux toilettes en passant par les pièces électroniques ou les huiles. « On récupère tout ce qui est récupérable », souligne Katia Nowaczyk, directrice du technicentre de Rennes, précisant que « 92 % d’une rame TGV est recyclé en interne ». Une fois désossé et délesté de tout son matériel, le TGV Atlantique 389 quittera à la fin du mois la Bretagne pour emprunter une dernière fois les rails. Direction le cimetière, à savoir les technicentres d’Hellemmes près de Lille ou de Bischeim près de Strasbourg où le train sera entièrement démantelé.

Un relooking complet pour les rames vieillissantes

Installé depuis 2014 sur l’immense site appartenant au constructeur automobile, le technicentre de Rennes, l’un des dix sites de la SNCF où est réalisée la maintenance industrielle, ne se contente pas de décarcasser les vieux TGV. En fonction du carnet de commandes, les ouvriers peuvent aussi moderniser des rames un peu vieillissantes pour leur redonner une seconde vie. Entre 2014 et 2016, 53 rames du TGV Atlantique ont ainsi eu le droit à un relooking complet avant la mise en service de la LGV en 2017. « On a changé tous les sièges et les moquettes et installé des prises de courant dans les voitures de seconde classe », précise Katia Nowaczyk.

Depuis, le technicentre de Rennes a également installé du wifi à bord de nombreux trains et procédé au pelliculage de plusieurs dizaines de rames. « L’objectif est que les trains ressortent comme neufs de chez nous », indique la directrice du site, qui emploie 380 salariés ainsi que des dizaines d’intérimaires quand l’activité monte en charge. C’est aussi sur le site rennais de la SNCF que sont testés et réparés les freins de tous les trains en circulation sur le réseau ferroviaire. Un site stratégique donc pour assurer la sécurité des voyages. Et apporter aussi tout le confort moderne aux voyageurs.