Lorient : Bravant l’interdit, une enseignante fait cours en présentiel à l’université

EDUCATION La direction de l’université de Bretagne Sud « réprouve » cette initiative

J.G. avec AFP

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Des étudiants dans une salle de TD à L'université de Lille (illustration).
Des étudiants dans une salle de TD à L'université de Lille (illustration). — M.Libert / 20 Minutes
  • Malgré l’interdiction, une enseignante a repris ses cours en présentiel à l’université de Bretagne Sud à Lorient.
  • Elle explique que le protocole sanitaire est parfaitement respecté et dénonce « une inégalité entre étudiants ».
  • La direction de l’université « réprouve » cette initiative.

Face à la détresse des étudiants, elle a décidé malgré l’interdiction de faire cours en présentiel avec ses élèves de master à l’université de Bretagne Sud (UBS) à Lorient. « Je ne suis pas la seule. J’ai des collègues à Vannes qui ont repris aussi. Je ne sais pas exactement combien nous sommes au total mais je pense que nous sommes une petite dizaine », explique Florence Gourlay, maître de conférences en géographie. « J’ai recommencé début janvier. J’avais dit à mes étudiants : "si vous revenez en janvier, on se débrouillera" et c’est ce qu’on a fait », explique-t-elle.

Virginie Dupont, présidente de l’Université Bretagne Sud, « réprouve cette initiative », précise l’UBS dans un communiqué, rappelant que « à ce jour, seuls sont autorisés en présentiel les enseignements de travaux pratiques, après approbation par le recteur, ainsi que l’accueil par groupes de 10 étudiants maximum ». « J’ai 18 étudiants en master 1 et 18 en master 2. C’est beaucoup moins que dans certaines classes prépas ou dans des BTS qui eux, contrairement aux universités, ont été autorisés à faire cours en présentiel », relève l’enseignante.

« Il faut arrêter cette inégalité entre étudiants »

Cette semaine, elle a également refait cours, pour la première fois, aux L3. « Eux sont plus nombreux. Mais j’ai réservé une salle suffisamment grande, je n’ai mis personne en danger et le protocole sanitaire a été parfaitement respecté », précise-t-elle. Pour ces cours de L3, ils étaient « 35 présents dans la salle et 22 sur écran. J’avais prévenu le doyen qui est passé s’assurer que tout allait bien ». « On était très à l’écoute des étudiants pendant le confinement et on a senti qu’ils n’allaient pas bien. Il faut arrêter cette inégalité entre étudiants en BTS ou prépas et étudiants d’université », considère l’enseignante.

La semaine dernière, le Premier ministre Jean Castex a annoncé que les étudiants de première année à l’université pourraient reprendre par demi-groupes les travaux dirigés en présentiel à partir du 25 janvier. Malgré l’interdiction, l’enseignante a l’intention de continuer ces cours. « Mes étudiants me le demandent », affirme-t-elle.