Rennes : Un policier municipal en grève de la faim pour dénoncer des pressions syndicales

SOCIAL Il met en cause le syndicat FO Territoriaux qui est majoritaire au sein de la police municipale rennaise

Jérôme Gicquel

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Illustration de policiers municipaux à Rennes.
Illustration de policiers municipaux à Rennes. — C. Allain / 20 Minutes
  • Un policier municipal rennais a entamé depuis une semaine une grève de la faim.
  • Il dénonce des faits de harcèlement et des pressions exercés à son encontre par certains syndiqués FO, syndicat majoritaire au sein de la police municipale à Rennes.
  • Le syndicat FO réfute ces accusations et demande l’ouverture d’une enquête par le CHSCT.

Ce n’est pas la grosse ambiance entre les syndicats en ce moment à la ville de Rennes. Depuis le 14 janvier, un policier municipal est en grève de la faim. Il dénonce des pressions et des faits de harcèlement exercés à son encontre par certains syndiqués FO Territoriaux, syndicat majoritaire au sein de la police municipale rennaise. « On lui a dit qu’il devait prendre sa carte syndicale chez FO sinon il allait connaître la misère », indique Kristine Lesur, secrétaire général CGT à la ville de Rennes.

Suite à son refus d’adhérer à FO, le policier municipal, syndiqué depuis un an à la CGT, aurait subi des remarques désobligeantes de la part de ses collègues et été mis à l’écart au sein du service. L’agent en question a bien tenté d’alerter les autorités judiciaires sur les faits de harcèlement dont il se dit victime, mais sa plainte a été classée sans suite. En arrêt de travail depuis octobre, il s’est donc lancé dans une grève de la faim pour alerter sa hiérarchie. « Il veut être reconnu comme victime par son employeur et réintégrer un autre service de la ville », précise Kristine Lesur, venue lui apporter son soutien ce jeudi matin devant la direction de la police municipale de Rennes.

Le syndicat FO réfute les accusations

Mis en cause, le syndicat FO Territoriaux réfute toute pression. « Le syndicat ne se reconnaît nullement dans ces accusations », indique Jérôme Jourdan, secrétaire du syndicat FO à la ville de Rennes. « On n’exclut personne au sein de la police municipale et chacun est libre d’adhérer ou non à un syndicat », poursuit-il, précisant que l’agent gréviste avait adhéré un temps à FO « avant de démissionner au mois d’août ».

Pour faire toute la lumière sur cette affaire, Jérôme Jourdan va demander l’ouverture d’une enquête par le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) « pour voir si les faits reprochés sont établis ».

La ville a entamé le dialogue avec le policier

La ville de Rennes indique de son côté avoir déjà mené une enquête interne mais qu’« aucun élément concret n’a permis de qualifier ces faits de harcèlement ». « Préoccupée » par la santé de l’agent, elle précise qu’elle a entamé un dialogue « pour l’accompagner dans sa reprise du travail dès que son état le permettra ».

« Si de nouvelles informations étaient transmises par l’agent ou par une organisation syndicale, elles feraient bien sûr l’objet d’un examen attentif, poursuit-elle. Dans le cas où des éléments probants seraient établis, l’employeur n’hésiterait pas à prendre ses responsabilités et à sanctionner les responsables ».