Un jour par semaine en présentiel, repas à un euro pour tous, chèque psychologique… Le plan de Macron face au malaise des étudiants

ENSEIGNEMENT SUPERIEUR Le président de la République a fait plusieurs annonces ce jeudi pour tenter d’apporter des réponses à la détresse des étudiants

Delphine Bancaud

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Emmanuel Macron lors de sa rencontre avec des étudiants à l'université Paris-Saclay, le 21 janvier 2021.
Emmanuel Macron lors de sa rencontre avec des étudiants à l'université Paris-Saclay, le 21 janvier 2021. — Yoan VALAT / POOL
  • Emmanuel Macron a déclaré jeudi que les étudiants devaient pouvoir, s’ils le souhaitent, retourner suivre des cours en présentiel à l’université un jour par semaine.
  • Il a aussi annoncé que tous les étudiants pourront avoir accès à deux repas par jour pour le prix d’un euro le repas dans les restos U, afin de leur permettre de faire face aux conséquences de la crise du Covid-19.

Difficile de rester sourd à la détresse des étudiants, qui s’exprime plus durement semaine après semaine. Le président de la République, Emmanuel Macron, a annoncé ce jeudi plusieurs mesures pour leur venir en aide, lors d’un déplacement à l’université Paris-Saclay (Essonne). Des annonces qui arrivent au lendemain de manifestations à Paris, Strasbourg, Lille, Toulouse ou encore Rennes lors desquelles les étudiants ont défendu leurs conditions de vie et d’études.

Privés depuis plus de deux mois de cours en « présentiel », contrairement aux élèves des lycées, des classes prépa ou des BTS, de nombreux étudiants éprouvent un sentiment d’injustice. Certes, ceux de première année à l’université pourront reprendre par demi-groupes les travaux dirigés en présentiel à partir du 25 janvier, a annoncé la semaine dernière Jean Castex. Mais cela reste une minorité. Sans pouvoir leur donner une date de réouverture précise de leurs établissements, en raison du caractère trop incertain de l’évolution de la pandémie, Emmanuel Macron leur a tenu un discours de vérité. « Il n’y aura pas de retour à la normale au deuxième semestre », a déclaré le chef de l’Etat. Mais aussi en leur donnant un horizon. Pour le deuxième semestre, un étudiant aura « le droit d’avoir 20 % de son temps en présentiel, soit un jour sur cinq », et ce, en respectant une jauge maximale de 20 %. Ce sera à chaque université de décider le nombre d’étudiants qui pourront venir en cours, en fonction des effectifs de chaque filière.

La création d’un chèque psychologique

Beaucoup d’étudiants n’ayant plus de job et ayant du mal à boucler leurs fins de mois, la précarité alimentaire s’accroît chez cette population. Pour lutter contre ce phénomène, Emmanuel Macron a annoncé l’élargissement du nombre de bénéficiaires du repas à un euro, qui était jusqu’alors réservé aux seuls étudiants boursiers. Il sera ouvert aux étudiants non boursiers qui en ont besoin sur présentation de leur carte d’étudiant. « On va permettre à tous les étudiants qui en font la demande d’avoir deux repas par jour à un euro », a annoncé Emmanuel Macron. Un dispositif qui sera mis en place d’ici à la fin du mois, a-t-il précisé. Car si les repas assis ne sont plus possibles dans les restos U, la vente à emporter est toujours possible.

De nombreux étudiants souffrant de solitude et éprouvant des angoisses par rapport à leur avenir, beaucoup d’entre eux ont besoin de consulter un psy. Or aujourd’hui, on ne compte qu’un psychologue pour 30.000 étudiants en France dans les SUMPPS (service universitaire de médecine préventive et de promotion de la santé), alors que la recommandation internationale est d’un pour 1.500. Emmanuel Macron a donc annoncé la mise en place d’un parcours de soins psychologique. « Il faut que dans les semaines qui viennent, on puisse travailler avec les CHU, centres hospitaliers, les psychiatres et faire un système où tout étudiant par lui-même ou par un proche puisse avoir accès à un parcours de soins et qu’il puisse être entendu et pris en charge ». « Il faut libérer la parole », a-t-il insisté. L’Elysée a précisé qu’un chèque psychologique serait créé. Il concernera à partir du 1er février « tous les étudiants qui le souhaitent » et son montant devrait être de l’ordre de 30 à 40 euros. Une mesure qui avait d’ailleurs été demandée par les organisations étudiantes.