SOS Méditerranée : Une trentaine de collectivités appellent à soutenir l'ONG face à « la défaillance de l’Europe »

MIGRANTS L'ONG de secours aux migrants a officiellement reçu, ce jeudi, le soutien financier et moral d'une trentaine de régions, départements et ville française

Julie Urbach

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Des membres d'équipage de l'"Ocean Viking" secourent des migrants, le 10 août 2019.
Des membres d'équipage de l'"Ocean Viking" secourent des migrants, le 10 août 2019. — Anne CHAON / AFP
  • SOS Méditerranée a officiellement lancé sa «plateforme des collectivités solidaires», impulsée par la mairie de Paris, le conseil départemental de Loire-Atlantique et la région Occitanie.
  • Par ce biais, les collectivités qui le souhaitent peuvent exprimer leur soutien, et notamment financier, à l'association humanitaire de sauvetage en mer.

C’est « un devoir d’humanité qui nous concerne tous ». Ce jeudi matin, l’association humanitaire SOS Méditerranée a officiellement lancé sa «plateforme des collectivités solidaires ». A ce jour, 27 régions, départements ou communes de toute la France s’y sont engagées afin de soutenir matériellement et moralement  l'action de sauvetage des migrants en Méditerranée, « au delà des logiques politiques ou partisanes ». « Ces collectivités sont des relais essentiels pour arrêter ce drame », estime François Thomas, le président de l’ONG, qui rappelle que plus de 20.000 personnes ont perdu la vie en Méditerranée depuis 2014.

Impulsée par la mairie de Paris, la région Occitanie et le département de Loire-Atlantique – trois collectivités socialistes – cette plateforme va d’abord servir de soutien financier puisque 800.000 euros ont déjà été reçus par SOS Méditerranée (sur un budget annuel de 8 millions d’euros), qui ne perçoit « aucune subvention des Etats ou de l’Europe ». L’illustration d’une « défaillance » que les collectivités engagées, parmi lesquelles figurent les villes de Lyon, Lille, Nantes ou Bordeaux, veulent pointer du doigt.

« On ne peut pas laisser la Méditerranée devenir le plus grand cimetière européen », déplore Anne Hidalgo, la maire de Paris. « Nous devons répéter que ce devoir d’assistance est inconditionnel, il n’est pas acceptable d’y renoncer », estime Sophie Beau, la directrice de l’ONG, alors que le navire L'Ocean Viking est récemment reparti en mission après un nouveau blocage en Italie.

« Convaincre, témoigner »

Des événements et expositions pourront aussi être organisés dans les territoires engagés, notamment dans les établissements scolaires. « Nous ne nous substituerons pas mais il faut convaincre, témoigner, afin d’inciter les Etats à prendre leurs responsabilités, notamment l’accueil dans les ports », ajoute Philippe Grosvalet.

Le président du département de Loire-Atlantique a annoncé l’inscription à son budget d’une subvention annuelle de 200.000 euros, après une première aide de 500.000 euros en 2019. La région Occitanie votera quant à elle une enveloppe de 75.000 euros pour 2021, indique sa présidente, Carole Delga.