Coronavirus : Des familles de victimes du Covid-19 réclament un hommage national

CEREMONIE Sabrina Sellami, qui a perdu son père et son frère à cause du coronavirus, adresse une lettre à Emmanuel Macron

R. G.-V.

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Au funérarium du cimetière du Père-Lachaise à Paris. (illustration)
Au funérarium du cimetière du Père-Lachaise à Paris. (illustration) — FRANCOIS GUILLOT / AFP

Bientôt un an que le Covid-19 a fait ses premières victimes en France, presque autant que les familles des défunts et défuntes se battent pour rendre des hommages dignes de ce nom à leurs proches disparus. Ainsi, Le Parisien publie ce mercredi matin une lettre adressée à Emmanuel Macron de Sabrina Sellami, référente pour l’Ile-de-France de l’association Victimes du Covid-19, où elle demande l’organisation d’une cérémonie d’hommage national pour les victimes du nouveau coronavirus. Elles sont désormais plus de 70.000 en France.

« Monsieur le Président, rendons-leur l’hommage que notre société respectueuse de ces valeurs qu’ils défendaient leur doit. (…) Nous savons au moment où nous parlons que la priorité est le combat pour éradiquer ce virus meurtrier. Le moment venu, nous devrons nous pencher sur cette journée de deuil national et nous pourrons en débattre avec vous », dit Sabrina Sellami qui, au tout début de l’épidémie en France, a perdu son père et son frère en l’espace de trois semaines.

Dix jours de deuil national en Espagne

Ce qu’elle et l’association dont elle est membre dénoncent c’est le manque d’humanité dans le traitement des malades du Covid-19 en fin de vie, qui, par crainte des contaminations, ne peuvent être accompagnés par leurs proches. « Ils sont partis comme des pestiférés, un corps ou plutôt un emballage bourré de virus et dont il fallait se débarrasser au plus vite. Ils ont été mis dans un sac plastique arrosé de javel, nus, sans toilette préalable et les orifices bouchés, sans que l’on puisse leur dire adieu. » 

Et puis les obsèques, longtemps réduites à leur plus stricte expression au moment du premier confinement, n’ont bien sûr pas été à la hauteur : « Ils ont été jetés dans un cercueil sans rite religieux pour les croyants, enterrés comme des anonymes. Et comme il n’y a pas eu de levée de corps, le doute s’est emparé de nous. Est-ce bien nos morts que nous enterrions ? » De tout cela découle un immense malaise pour les familles de victimes qui disent encore en « souffrir ».

Sabrina Sellami veut « réhabiliter la dignité des personnes disparues » grâce à cet hommage national qu’elle appelle de ses vœux. Elle prend l’exemple de l’Espagne qui a décrété en son temps dix jours de deuil national. Pour l’instant, l’Elysée n’a pas apporté de réponse à cette demande.