Rennes : Dans sa caravane, la perruquière aide les femmes à surmonter l’épreuve du cancer

INITIATIVE Sillonnant les routes d’Ille-et-Vilaine dans sa boutique ambulante, Tiphaine Arenou aide des femmes à se sentir belles malgré la maladie

Jérôme Gicquel

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Dans sa caravane, Tiphaine aide les femmes atteintes d'un cancer à se sentir belles malgré la maladie.
Dans sa caravane, Tiphaine aide les femmes atteintes d'un cancer à se sentir belles malgré la maladie. — J. Gicquel / 20 Minutes
  • Dans sa caravane, Tiphaine sillonne les routes d’Ille-et-Vilaine pour proposer des perruques et autres accessoires capillaires à des femmes atteintes d’un cancer.
  • Chez les malades, la perte des cheveux est souvent vécue comme un véritable traumatisme.
  • La perruquière essaie de les accompagner dans cette douloureuse épreuve en les aidant à se sentir belles.

Plantée sur une dalle commerciale à Saint-Jacques-de-la-Lande au sud de Rennes, la caravane attire tout de suite l’œil des curieux. C’est dans ce petit cocon joliment relooké que Tiphaine Arenou aide des femmes à reprendre confiance en elles et à se sentir belles malgré la maladie. La grande majorité de ses clientes sont atteintes d’un cancer. Outre le choc de l’annonce, elles doivent en plus surmonter la perte de leurs cheveux à cause des séances de chimiothérapie. Une épreuve terrible pour ces femmes que Tiphaine essaie d’accompagner « avec tact et douceur ».

La caravane de Tiphaine est installée tous les mardis à Saint-Jacques-de-la-Lande au sud de Rennes.
La caravane de Tiphaine est installée tous les mardis à Saint-Jacques-de-la-Lande au sud de Rennes. - J. Gicquel / 20 Minutes

Dans sa boutique ambulante Chemins Croisés qui sillonne chaque semaine les routes d’Ille-et-Vilaine, elle leur propose toutes sortes de perruques médicales et autres accessoires capillaires afin de masquer les effets du traitement. Coiffeuse et perruquière de formation, la jeune femme apporte un soin particulier à l’esthétique de ses prothèses capillaires, remboursées par la Sécurité sociale, qu’elle adapte et retouche à l’envi aux souhaits de ses clientes. « C’est important que ces femmes se sentent bien en portant leur perruque, qu’elles se reconnaissent en se regardant dans le miroir », souligne Tiphaine.

« C’est violent de se voir avec des cheveux qui ne sont pas les siens »

Touchée par le cancer, Céline, 35 ans, a fait appel à ses services il y a quelques semaines. « Je ne voulais pas aller dans un salon de coiffure et exposer ma maladie à d’autres, je voulais être dans un cadre intimiste », raconte-t-elle. Et puis, avant de rencontrer Tiphaine, elle a découvert non sans effroi « beaucoup de choses très moches et ringardes » dans les modèles proposés aux femmes. 

Conseillée par Tiphaine, elle optera finalement pour un turban laissant dépasser une frange. Un accessoire avec lequel Céline a désormais appris à vivre. « Cela reste quand même un traumatisme car c’est assez violent de se voir avec des cheveux qui ne sont pas les siens, indique-t-elle. Mais le fait de porter quelque chose de joli permet de continuer certaines habitudes, comme de bien s’habiller ou de voir des personnes qui ne sont même pas au courant pour certaines de la maladie ».