Pyrénées : Une patrouille antimigrants des identitaires suscite l’indignation

EXTREME DROITE L’opération « antimigrants » menée dans les Pyrénées ce mardi par les militants d’extrême droite de Génération identitaire fait vivement réagir

H.M.

— 

La route du col du Portillon, côté espagnol. Illustration.
La route du col du Portillon, côté espagnol. Illustration. — Eye Ubiquitous - Rex Fe - Sipa
  • Ce mardi, des militants du groupuscule d’extrême droite Génération identitaire ont patrouillé dans les Pyrénées, revendiquant une opération antimigrants.
  • Des élus et le préfet de Haute-Garonne ont fermement condamné cette provocation à la frontière franco-espagnole.
  • La justice a été saisie.

Ils patrouillent en 4x4, promettant de contacter les autorités s’ils surprennent un migrant clandestin. A l’instar de l’opération menée en 2018 dans les Alpes, les militants d’extrême droite du groupuscule Génération identitaire ont décidé ce mardi de faire la police, et le buzz, dans les Pyrénées.

Ils ont notamment choisi le Col du Portillon, dans la Haute-Garonne, à la frontière franco-espagnole. Un passage qu’ils n’ont probablement pas retenu au hasard puisqu’il a été fermé depuis peu par arrêté préfectoral au regard « de la menace terroriste ».

Cette opération a suscité l’indignation d'élus. Dans un communiqué commun, publié en milieu d’après-midi, Carole Delga (PS), la présidente de la région Occitanie, Georges Méric (PS), le président du conseil départemental, mais aussi le député de la circonscription et le maire de Luchon, se sont insurgés contre « ce discours de haine ». Ils demandaient au préfet « de mettre fin fermement et sans délai à ce coup de force, indigne et contraire aux valeurs de la République et de [leur] territoire ».

La justice saisie, une personne auditionnée

Vers 18 heures, Etienne Guyot, préfet de Haute-Garonne a condamné à son tour « fermement les actions, désormais terminées, du groupe Générations identitaire, actions purement symboliques qui n’ont provoqué aucun trouble à l’ordre public mais qui ont mobilisé inutilement les forces de l’ordre, les détournant de leur mission de surveillance de la frontière ».

Selon le représentant de l’Etat, une personne a été auditionnée par les gendarmes « à la suite du déploiement d’une banderole sur un site appartenant à EDF » et la justice a été saisie. « Aucune tolérance face à des propos et actions contraires aux valeurs de la République ne saurait être admise », insiste Etienne Guyot.