Guadeloupe : Une information judiciaire ouverte après le décès d’un homme contrôlé par des gendarmes

ENQUETE Le décès de Claude Jean-Pierre, interpellé en novembre dernier, a provoqué une certaine émotion sur l'archipel, où un collectif de soutien a été créé

20 Minutes avec AFP

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Illustration d'une voiture de la gendarmerie.
Illustration d'une voiture de la gendarmerie. — E. Frisullo / 20 Minutes

Les faits se sont déroulés en novembre 2020 : à Deshaies, un sexagénaire est décédé de manière inexpliquée à la suite d’un contrôle de gendarmerie. Lundi, le procureur de Basse-Terre en Guadeloupe a annoncé l’ouverture d’une information judiciaire.

« Une information judiciaire est ouverte contre X du chef d’homicide involontaire », a indiqué le procureur de Basse-Terre Xavier Sicot à l’issue d’une conférence de presse très attendue, le décès de Claude Jean-Pierre suscitant des interrogations depuis plusieurs semaines. « La justice fait et fera ce qu’il faut pour apporter les réponses en totale transparence » concernant la mort de cet homme, a précisé Xavier Sicot, alors qu’un collectif a réclamé « la vérité » sur le décès.

Extraction « violente » ?

« J’ai conscience de la douleur de la famille » dont les interrogations sur les circonstances sont « légitimes » mais « certaines vérités devaient à mon sens être dites », a-t-il expliqué. L’homme est décédé le 3 décembre au CHU de Pointe-à-Pitre, deux semaines après un contrôle routier.

Deux gendarmes avaient contrôlé Claude Jean-Pierre pour « une conduite hésitante », le 21 novembre à Deshaies dans l’ouest de l’île, selon la même source. L’homme « alcoolisé » était sorti du véhicule « en résistant » et s’était retrouvé « au sol, inerte ». Une ambulance avait alors été appelée pour le prendre en charge. La vidéosurveillance de l’interpellation, survenue près de la mairie, montre, « une extraction violente » selon Maître Mariza Bernier, porte-parole du collectif défendant les intérêts de la famille du défunt, qui s’est exprimée dans les médias locaux.

Un décès survenu à l’hôpital

Or, « sur cette vidéo on n’a aucun coup volontaire des gendarmes observé » nuance Xavier Sicot. Les causes du décès demeurent inconnues : « on a effectivement des investigations en cours, on a une autopsie pratiquée pour essayer de comprendre mais on a probablement besoin de compléter cette autopsie par d’autres éléments », a-t-il précisé.

Un magistrat instructeur a été désigné et « a sollicité dans le cadre d’une commission rogatoire les services de la Section de Recherche de Pointe-à-Pitre pour poursuivre ces investigations ». Les obsèques du défunt ont eu lieu le 12 janvier, plus d’un mois après son décès.