Bretagne : Les partisans de la réunification repassent à l’offensive

REDÉCOUPAGE Ils réclament la tenue d’un référendum sur le rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne

Jérôme Gicquel

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Illustration d'une manifestation pour la réunification de la Bretagne en 2014 à Nantes.
Illustration d'une manifestation pour la réunification de la Bretagne en 2014 à Nantes. — SEBASTIEN SALOM GOMIS/SIPA
  • La question de la réunification de la Bretagne refait surface avec une demande de référendum qui se fait de plus en pressante.
  • Dans une lettre adressée au président de la République et publiée dans le JDD, 150 élus politiques de tous bords réclament que les habitants de Loire-Atlantique soient consultés.
  • A Nantes et Rennes, les deux maires Johanna Rolland et Nathalie Appéré ne sont pas favorables en revanche à cette réunification.

Tel un vieux serpent de mer, le débat sur le rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne refait régulièrement surface. Mais près de cinquante ans après les premières mobilisations, force est de constater que la question de la réunification, qui divise autant qu’elle passionne des deux côtés de la frontière, n’a jamais vraiment été tranchée. Pour tenter de faire enfin avancer le dossier, la toute jeune association A la Bretonne milite pour la tenue d’un référendum afin de demander au million d’électeurs de la Loire-Atlantique s’ils sont favorables, ou non, au rattachement de leur département à la région Bretagne. « Le débat aurait dû avoir lieu en 2014 lors de la réforme territoriale mais il n’en a rien été », regrette son président Christophe Prugne, dénonçant un « profond déni de démocratie ».

Dans son combat, l’association peut compter sur le soutien de nombreux élus politiques de tous bords. Dans une tribune publiée dans le Journal du Dimanche, 150 d’entre eux, parmi lesquels une douzaine de parlementaires, s’adressent à Emmanuel Macron pour demander une consultation des habitants de la Loire-Atlantique. Pour tenter de convaincre le président de la République, ils rappellent les « liens géographiques, historiques, économiques et humains » qui unissent la Loire-Atlantique à la Bretagne, ainsi que les « très nombreux sondages [qui], depuis quarante ans, ont montré que les deux tiers environ des citoyens de Loire-Atlantique sont favorables au retour de leur territoire dans la Région Bretagne ». La demande d’un référendum est également soutenue par le conseil départemental de Loire-Atlantique, même si ses élus s’étaient prononcés contre le rattachement à la Bretagne fin 2018.

Les maires de Nantes et Rennes pas favorables à la réunification

Pour donner encore plus de poids à leur demande, les militants de l’association A la Bretonne tentent désormais de faire pression sur les maires de Nantes et de Rennes. Pas franchement favorable à la réunification, Johanna Rolland s’est pourtant dite favorable à la tenue d’un référendum. Lors du prochain conseil municipal qui se tiendra en février, elle devrait ainsi soumettre au vote un vœu en ce sens.

Dans la capitale bretonne, la maire Nathalie Appéré n’est pas non plus très branchée par un mariage avec la Loire-Atlantique. Elle considère d’ailleurs dans les colonnes de Ouest-France que « ce sujet n’est pas l’urgence du moment » et que ce combat n’est pas le sien. Mais dans sa majorité, plusieurs élus soutiennent la démarche, notamment son allié écologiste Matthieu Theurier. « L’opposition y est également favorable, il faut donc que le débat s’ouvre à Rennes », souligne Stéphane Péan, militant de l’association et président du think thank Breizh Civil Lab.

Le chemin sera long avant un référendum

Ces derniers jours, les militants d’A la Bretonne s’attachent donc à recueillir 1.000 signatures de Rennais et de Rennaises afin de porter le sujet devant le conseil municipal comme le permet la charte de la démocratie locale. Ils viennent également de solliciter un rendez-vous auprès de la ministre de la Cohésion des territoires Jacqueline Gourault.

Sûrs de leur force et du bien-fondé de leur demande, les partisans de la réunification savent toutefois que le chemin sera encore long. « Il faudra avant organiser un débat public et cela va prendre du temps », explique Stéphane Péan, citant la date de « 2024 » comme horizon pour un éventuel référendum. Ce qui laisse du temps au serpent de mer pour ressurgir.