Angers : Pony, l’opérateur de vélos en libre-service qui « va compter dans les années à venir »

VELOS La start-up angevine, qui vient de recevoir le prix de la meilleur start-up européenne en matière de mobilité, prépare son arrivée à Paris et dans d'autres villes européennes

Julie Urbach

— 

Le double vélo Pony
Le double vélo Pony — Pony
  • Déjà déployés à Angers ou Bordeaux, les vélos et trottinettes Pony vont se déployer en France et en Europe.
  • La start-up s’appuie sur un « modèle unique », proposant aux particuliers d’acheter leurs engins pour les mettre en location.

Au milieu des nombreux vélos aujourd’hui disponibles en free floating, on le reconnaît grâce à sa couleur turquoise. Mais Pony Bike a d’autres tours dans son sac pour tenter de se démarquer de ses concurrents. Basée à Angers, la jeune entreprise propose « un modèle économique unique » pour essaimer ses trottinettes et vélos (classiques ou électriques) en libre-service, à déverrouiller grâce à son portable.

Elle a d’ailleurs tapé dans l’œil d’experts européens qui viennent de lui décerner le prix de la meilleure start-up dans le domaine des déplacements. « C’est un opérateur de mobilité qui va compter très fortement dans les années à venir », estime Karima Delli, présidente de la Commission transports au Parlement européen et du European Startup Prize for mobility.

Des vélos à acheter

Déjà en circulation à Angers, Bordeaux, ou plus récemment à Grenoble, ces vélos s’apprêtent à débarquer à Paris au printemps et dans plusieurs pays (Belgique, Portugal…) d’ici à la fin de l’année. Leur particularité ? Ils n’appartiennent pas directement à Pony : des particuliers les ont au préalable achetés (1.790 euros pour un vélo électrique) pour les mettre en location et percevoir, ensuite, la moitié des gains des courses (1 euro le déverrouillage puis 19 centimes la minute).

Des trottinettes Pony
Des trottinettes Pony - Pony

« Grâce à cette communauté de gens convaincus, le bouche-à-oreille fonctionne, assure la direction de Pony. L’utilisation du service progresse, l’idée qu’il est possible d’abandonner sa voiture individuelle en ville aussi. Tout ça juste en empruntant le véhicule de son voisin. » Quand ils le souhaitent, les propriétaires peuvent retirer leur deux-roues de la flotte pour leur utilisation personnelle. Quelque 7.000 acheteurs potentiels seraient déjà sur liste d’attente.

Quelque 1.500 vélos à venir à Paris

Selon Pony, qui refuse d’indiquer la durée pour rentabiliser son achat, « personne ne perd de l’argent dans l’histoire ». Les dégradations et le vol (une assurance casse et vol de 10 mois pour les trottinettes et 18 mois pour les vélos est comprise) de ces engins fabriqués à Taïwan seraient « un phénomène marginal », alors que le choix a été fait d’utiliser des pièces « non standards » pour éviter le trafic. Au-delà des objectifs lucratifs et écologiques, l’expérience semble aussi appréciée pour son côté ludique. « Tout a été gamifié, détaille-t-on chez Pony. Le propriétaire peut donner un petit nom à son vélo, savoir où il est, si le check de sécurité par nos agents a été fait… Il peut même choisir son sexe ! »

D’ici à quelques semaines, « en fonction du contexte sanitaire », quelque 1.500 vélos électriques devraient se déployer un peu partout dans Paris, dans des zones prédéfinies pour éviter le caractère parfois anarchique de ce mode de déplacement. Après que la mairie a refusé l’arrivée de leurs trottinettes, Pony espère séduire les cyclistes parisiens avec ses fameux vélos électriques deux places. « On veut garder le côté social du transport, espère la start-up, qui compte aujourd’hui plus d’une quarantaine de salariés. L’esprit du trajet sur le porte-bagages, mais dans des conditions beaucoup plus confortables et surtout sécurisées. »