Aurore Bergé à l'Assemblée nationale, le 15 octobre 2019.
Aurore Bergé à l'Assemblée nationale, le 15 octobre 2019. — CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

PROJET DE LOI

Projet de loi contre le séparatisme: Les amendements contre le port du voile pour les fillettes irrecevables

Ces amendements au projet de loi contre le séparatisme ont été jugés irrecevables par la commission spéciale

Les amendements au projet de loi contre le séparatisme visant l’interdiction du port du voile pour les fillettes ont été jugés irrecevables par la commission spéciale, ont pris acte dimanche leurs auteurs, les députés LREM Aurore Bergé et Jean-Baptiste Moreau. Marqueur fort du quinquennat Macron, ce projet, qui touche à des sujets ultrasensibles et sur lequel plus de 1.700 amendements ont été déposés, arrive lundi en commission à l’Assemblée, sur fond de lutte contre l'islamisme radical​.

« Nous savions qu’il y avait un risque que nos amendements ne puissent être examinés. Ce sera le cas puisqu’ils ont été déclarés irrecevables par la commission spéciale car sans rapport direct légistique avec le projet de loi », ont écrit les deux parlementaires dans un communiqué commun. Et d’ajouter : « Mais ce débat a existé avec légitimité dans l’opinion publique et nous sommes fiers de l’avoir porté. Nous continuerons à le faire tant il nous semble essentiel que la République soit partout et pour tous au rendez-vous. »

« Ce projet de loi n’est pas forcément le bon véhicule législatif »

Le président de la commission spéciale François de Rugy considère les amendements « irrecevables dans le projet de loi. Donc ces amendements ne figureront pas dans le projet de loi », a confirmé sur LCI la ministre déléguée à la Citoyenneté Marlène Schiappa, estimant que « ce projet de loi n’est pas forcément le bon véhicule législatif ». Néanmoins, elle a jugé que le sujet était « d’importance » et qu’il devrait « à un moment être abordé », louant la « cohérence » de l’engagement d’Aurore Bergé. « Ca fait longtemps qu’elle défend les droits des femmes et qu’elle lutte contre l’islamisme », a-t-elle souligné.

Avec le rejet de ces amendements, « le gouvernement démontre, une fois encore, qu’au-delà des mots, il n’a aucune volonté de lutter contre le cancer islamiste. Quand cessera-t-il de faire semblant ? », a aussitôt réagi sur Twitter la présidente du Rassemblement national Marine Le Pen qui avait dit plus tôt sur BFMTV soutenir ces amendements. Jugeant le texte du gouvernement « inefficace », elle a par ailleurs affirmé qu’elle proposerait « un contre-projet », un «projet de loi de lutte contre l'islamisme » afin de contrer « l’idéologie islamiste » qu’elle a qualifiée de « totalitaire et meurtrière ».