Grippe aviaire : La France compte plus de 280 élevages infectés, principalement dans le Sud-Ouest

COIN COIN La question d’un confinement plus rapide des volailles en cas d’épizootie

20 Minutes avec AFP

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Des canards dans une exploitation de foie gras. (archives)
Des canards dans une exploitation de foie gras. (archives) — GEORGES GOBET / AFP

La France recensait vendredi 282 foyers de grippe aviaire dans ses élevages, dont l’immense majorité dans le Sud-Ouest, réputé pour sa production de foie gras, où plus d’un million d’animaux ont déjà été abattus. Dans le Sud-Ouest, 270 foyers d’influenza aviaire hautement pathogène (communément appelée grippe aviaire) sont confirmés à ce jour, rapporte le ministère de l’Agriculture sur son site Internet. La plupart des foyers (239) se situent dans les Landes, premier département producteur de foie gras, qui compte environ 800 exploitations de production de palmipèdes (surtout des canards).

Les autres foyers se situent dans le Gers (14), les Pyrénées-Atlantiques (15) et les Hautes-Pyrénées (2). En dehors du Sud-Ouest, 12 foyers – y compris dans des animaleries et des basses-cours – ont été recensés dans cinq départements : Haute-Corse (6), Vendée (3), Deux-Sèvres (1), Corse du Sud (1) et Yvelines (1). Neuf cas ont par ailleurs été relevés dans la faune sauvage.

Une campagne d’abattage

Pour endiguer cette épizootie qui ne cesse de progresser depuis sa première apparition dans un élevage début décembre, les autorités sanitaires sont engagées dans une campagne d’abattage visant les volailles contaminées, mais aussi, préventivement, celles situées dans un périmètre de 5 km autour des foyers. Selon le ministère, « 1,116 million de volailles (essentiellement des canards) ont été abattues dans le Sud-Ouest sur ordre de l’administration ».

Pour l’interprofession du foie gras Cifog, ces abattages ne vont pas assez vite « face à l’agressivité du virus ». Elle réclame une nouvelle fois dans un communiqué « de toute urgence le renforcement des moyens techniques et logistiques sur le terrain pour traiter les foyers de contamination ». Même si « l’élevage en plein air fait partie de l’ADN de la filière », elle demande « qu’en période de haut risque, tous les animaux soient mis à l’abri pour les protéger d’une contamination par les oiseaux sauvages ».

« Bouc émissaire »

Pour la Confédération paysanne et le Modef – syndicats représentant les petits producteurs – le plein air fait figure de « bouc émissaire ». Eux dénoncent l'« industrialisation » de la filière foie gras, « la course aux volumes » et la segmentation de la production – quand des élevages distincts s’occupent des palmipèdes avant et pendant le gavage – « générant des flux incessants d’animaux vivants ».

Dans un récent avis publié par l’agence sanitaire Anses, les experts du groupe d’expertise collective d’urgence (Gecu) « Influenza 2020 », « rappellent l’importance cruciale du respect des mesures de biosécurité (notamment le confinement effectif de tous les oiseaux en période à haut risque), de la limitation drastique des mouvements d’animaux (…), des mouvements de personnes et des prêts de matériel, dans cette région où la densité et les pratiques d’élevages de volailles favorisent inéluctablement la diffusion d’une infection, une fois que celle-ci y a été introduite ».