Coronavirus : Fini le sport à l’intérieur, pas de brassage à la cantine… Le casse-tête des directeurs d’école

EDUCATION NATIONALE Les écoles font partie des principales concernées par les annonces faites par le gouvernement jeudi soir

20 Minutes avec AFP

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Une cantine scolaire de Metz.
Une cantine scolaire de Metz. — Ville de Metz

Fini le sport à l’intérieur, on arrête le brassage à la cantine… Après l’annonce des nouvelles mesures pour freiner l’épidémie de coronavirus, jeudi soir, les directeurs d’école doivent s’adapter. Un casse-tête en termes d’organisation.

Jeudi, lors de sa conférence de presse, le gouvernement a annoncé un nouveau tour de vis sanitaire pour tenter de ralentir l’épidémie de Covid-19 et de son nouveau variant anglais.

Elargir les plages horaires du personnel de cantine

L’école est concernée à plus d’un titre : les activités physiques scolaires et extrascolaires en intérieur sont suspendues « jusqu’à nouvel ordre », il n’y aura plus de brassage possible à la cantine, « maillon faible » dans l’organisation puisque les élèves s’y retrouvent sans masque, et la capacité de dépistage dans les établissements sera accrue avec un objectif de 300.000 tests par semaine. Comme c’est devenu un rituel après chaque annonce modifiant le protocole scolaire, les directeurs d’école attendaient vendredi matin des consignes officielles.

Tout en anticipant « sans doute une semaine de flottement », beaucoup s’interrogeaient déjà sur la manière de s’adapter aux nouvelles contraintes. « Les élèves sont bien plus serrés les uns aux autres à la cantine que le reste du temps à l’école », reconnaît le directeur d’une école maternelle de Paris. « Mais sauf si la municipalité élargit les plages horaires des cantinières et des animateurs de manière à étaler les services, cela paraît difficile de changer les choses ».

L’art du cirque pour remplacer le sport en intérieur ?

Un constat que partage Joël Smith, directeur d’une école à Nanterre (Hauts-de-Seine) : « actuellement, on fait manger les enfants par binômes en mélangeant deux classes. Si on ne veut qu’une seule classe dans le réfectoire, il faudra doubler le temps de service, ce qui semble impossible ». La contrainte semble particulièrement forte pour les gros établissements scolaires, souvent concentrés dans les villes. Mais dans les zones rurales, d’autres impératifs compliquent la donne. « Nous sommes bornés par les transports scolaires », explique Anabel Roy, du syndicat SE-Unsa, à la tête d’une petite école en Haute-Vienne.

« Si on ne veut pas rogner sur les heures de scolarité, la pause du midi ne peut excéder 1 h 15, donc même avec seulement trois classes, impossible de ne pas mélanger les élèves ». Plus encore que la cantine, c’est la suspension des cours de sport en intérieur qui semblait préoccuper les directeurs et directrices d’école. « Ça va être un vrai casse-tête », anticipe Dominique David, à la tête d’une école dans le 20e arrondissement de Paris. « S’il pleut ou s’il neige, on ne pourra pas aller dehors et donc plus faire de sport du tout », regrette-t-il. A la place, il envisage de renforcer l’activité arts du cirque, qui permet une distanciation entre élèves et le port du masque.

La piscine, c’est terminé

En maternelle, il faudra trouver des solutions pour remplacer les parcours de motricité (gymnastique, équilibre…). « On va arrêter et passer au vélo, à des courses dans la cour », imagine le directeur de l’école parisienne. « Nous avions beaucoup de cours de sport en intérieur, comme de l’escrime ou de la lutte, dans un dojo du quartier. Par quoi va-t-on les remplacer ? », s’interroge Laaldja Mahamdi, directrice d’une école dans le 19e à Paris. « On suppose aussi que les cours de piscine, c’est terminé », regrette-t-elle.

« On nous balance des annonces mais il n’y a rien d’opérationnel », fustige pour sa part Olivier Flippo, du SE-Unsa et à la tête d’une école à Cergy (Val-d’Oise). Dans son viseur notamment, la décision d’accélérer la politique de tests dans les établissements scolaires. « Je suis prêt à parier que ça ne se fera pas au primaire : il faudrait beaucoup de personnel pour les effectuer et quand bien même on les aurait, ce sont des tests compliqués à réaliser sur de jeunes enfants », explique-t-il. Avant de regretter que ce soit, une nouvelle fois, « aux communes et aux écoles de gérer ces décisions, à la dernière minute ».