Rave party à Lieuron : Teufeurs et organisateurs dans la rue pour dénoncer « une répression disproportionnée »

FETE A Lieuron, 2.400 personnes avaient participé à une fête sauvage organisée pour le Nouvel An

C.A. avec AFP

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Des fêtards dansent lors d'une rave party organisée à Lieuron, au sud de Rennes, lors du nouvel an 2021.
Des fêtards dansent lors d'une rave party organisée à Lieuron, au sud de Rennes, lors du nouvel an 2021. — AFP

Ils ne désarment pas. Largement décriés pour avoir organisé une fête sauvage ayant réuni 2.400 personnes à Lieuron, au sud de Rennes (Ille-et-Vilaine) pour le Nouvel An, les amateurs de teuf seront dans la rue ce samedi. A l’appel de plusieurs collectifs, ils entendent dénoncer « une répression disproportionnée » à l’encontre des organisateurs présumés de la rave party bretonne.

Quatre personnes ont été mises en examen dans cette affaire. L’une d’entre elles, un homme de 22 ans sans casier judiciaire, a été placée en détention provisoire, ce que son avocat avait vivement critiqué. « Nous demandons la libération immédiate de ce participant qui n’est absolument pas un des organisateurs », indique Robin, acteur du mouvement et référent de la Coordination nationale des sons et du fonds de soutien juridique aux sound systems.

Pour se faire entendre, plusieurs collectifs appellent à manifester ce samedi dans plusieurs villes de France. A Paris, le mouvement devrait rejoindre la manifestation contre la loi « sécurité globale » et les rassemblements pour la culture. La même réunification pourrait avoir lieu à Rennes, où le rassemblement a été autorisé, mais pas le défilé. « Cette mobilisation s’inscrit en pleine conscience de l’extrême gravité de la crise sanitaire. Mais nous sommes convaincus que celle-ci ne doit pas être instrumentalisée pour limiter considérablement nos droits, nos libertés ou pour détériorer le paysage culturel français », précise le collectif Culture4Liberty. Ce dernier demande « l’arrêt de toutes les poursuites judiciaires démesurées contre les fêtes alternatives ».

« Les autorités n’arriveront pas à empêcher les free parties »

Près de 4.000 fêtes techno non déclarées en pleine nature, devenues avec la pandémie la bête noire des autorités, sont organisées chaque année en France. Pour Patrick Rognant, historien de la rave, « les autorités n’arriveront pas à empêcher les free parties où il y a très peu d’incidents, beaucoup moins que dans un festival rock autorisé ». « Ces dernières années, il y a eu une lente dégradation des relations entre les free parties et les autorités qui ne souhaitent plus trouver de solutions », déplore pour sa part Samuel Raymond, directeur de l’association Free Form qui œuvrait pour des conciliations, et qui a préféré récemment jeter l’éponge.

Président de Technopol, l’association historique de défense des musiques électroniques qui organise la Techno-parade de Paris, Tommy Vaudecrane suggère de son côté que les free parties relèvent du ministère de la Culture plutôt que de celui de l’Intérieur : « la free est d’abord une composante importante de l’écosystème des musiques électroniques ». Pour l’ancien ministre de la Culture Jack Lang, « le dialogue doit absolument reprendre pour définir une règle du jeu ».