Confinement : Généraliser le couvre-feu à 18 heures est une « erreur », pour la présidente des Pays-de-la-Loire

EPIDEMIE « Si la mesure s’entend parfaitement dans les territoires où le taux d’incidence du virus est très élevé, elle ne se justifie pas là où il est le plus faible », estime Christelle Morançais

Julie Urbach

— 

La présidente de la région Pays-de-la-Loire Christelle Morançais
La présidente de la région Pays-de-la-Loire Christelle Morançais — Jean-Francois MONIER / AFP
  • La présidente des Pays-de-la-Loire se montre très critique face au choix du gouvernement de généraliser le couvre-feu à 18 heures.
  • Christelle Morançais redoute les conséquences « terribles pour l’économie » dans sa région, plutôt épargnée par l’épidémie de coronavirus.

Elle avait déjà haussé le ton pour demander un déconfinement plus rapide dans sa région, à la suite du premier confinement. Ce jeudi soir, la présidente des Pays-de-la-Loire (LR) Christelle Morançais s’est de nouveau montrée très critique quant au choix du gouvernement d’avancer le couvre-feu sur tout le pays. « La généralisation du couvre-feu à 18 heures est une erreur, écrit-elle. Si la mesure s’entend parfaitement dans les territoires où le taux d’incidence du virus est très élevé, elle ne se justifie pas là où il est le plus faible. »

D’après les derniers chiffres communiqués par l’ARS, le taux d’incidence, en forte hausse dans la région ces derniers jours, a atteint 108,3 cas pour 100.000 habitants (il était de 187,7 mercredi en France). Christelle Morançais, qui redoute des conséquences « terribles pour l’économie », estime par ailleurs que la mesure « n’empêchera pas les regroupements dans les transports publics ou dans les commerces alimentaires ». « Chaque heure travaillée est une heure gagnée pour sauver des entreprises et des emplois », pense-t-elle.

Pas de flambée dans la région

Le son de cloche est évidemment différent à l’ARS. Interrogé par 20 Minutes, son directeur Jean-Jacques Coiplet explique : « La région est peut-être un peu plus épargnée mais rappelez-vous que par le passé, ces taux d’incidence à plus de 100 étaient horrifiants, à juste titre. Même s’il n’y a pas de flambée, le risque est toujours là, et précisément chez les personnes les plus vulnérables. »

Dans plusieurs départements, le virus semble en ce moment se répandre davantage chez les plus de 65 ans, comme en Mayenne où le taux d’incidence grimpe à 185 pour cette tranche d’âge, contre 148 pour le reste de la population. « Les chiffres semblent cependant revenir à un plateau, indique le docteur Pierre Blaise, directeur scientifique à l’ARS. Contrairement à ce que l’on craignait il y a quelques jours, il n’y a pas de réelle explosion liée aux fêtes de Noël ou du Nouvel an. »