Lyon : Après l’agression d’un professeur par un père de famille, les enfants transférés de collège

LAICITE Le 9 novembre, un enseignant de Lyon avait été pris à partie par un parent d’élèves l’accusant d’islamophobie en raison de l’hommage rendu, une semaine plus tôt, à Samuel Paty

C.G. avec AFP

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Le collège des Battières à Lyon.
Le collège des Battières à Lyon. — C. Girardon / 20 Minutes
  • Une semaine après l’hommage rendu à Samuel Paty, un enseignant de Lyon a été violemment pris à partie par un parent d’élèves l’accusant d’islamophobie.
  • Devant l’absence de soutien de l’administration et le départ contraint de ce professeur, ses collègues s’étaient mis en grève lors de la rentrée de janvier.
  • Depuis, une inspection administrative a été diligentée et deux élèves ont été transférés dans un autre établissement.

Après l'agression à Lyon d'un enseignant en histoire-géographie par un père de famille l’accusant d' islamophobie, les deux enfants du parent ont été transférés d’établissement, selon le rectoral. Ils ont quitté, lundi, le collège des Battières pour être scolarisés ailleurs, précise-t-il. Ce que réclamaient les collègues du professeur lors d’un mouvement de grève observé à la rentrée de janvier.

Par ailleurs, une inspection administrative a été diligentée pour faire la lumière sur ce qui s’est passé, a révélé mercredi le site Médiacités. Ce qu’a confirmé jeudi le ministère de l’Education nationale.

« Objectiver les faits »

« Ce n’est pas une inspection sanction. C’est pour objectiver les faits et la réponse apportée, précise-t-il. On a eu ces derniers temps plusieurs cas de menaces sur prof et l’idée c’est de systématiser les inspections pour avoir une visibilité plus large sur le traitement de ces faits ». Cette procédure a déjà donné lieu à des entretiens, au collège des Battières (5e arrondissement) et au rectorat, qui se poursuivent cette semaine.

Le 9 novembre, une semaine après l’hommage national rendu à Samuel Paty, qui avait lui-même enseigné dans ce collège, le professeur en question avait violemment été pris à partie par un père de famille à l’extérieur de l’établissement. Il avait déposé plainte le 13 novembre et après audition des intéressés, qui avaient écarté toute violence physique dans leur confrontation, le parquet avait classé sans suite la procédure.

« Une réponse institutionnelle forte »

Depuis l’altercation, l’enseignant, en arrêt de travail, ses collègues et les syndicats attendaient « une réponse institutionnelle forte » – convocation de la famille et déplacement des élèves – qui n’est jamais venue selon eux.

Le rectorat s’est défendu la semaine dernière en assurant avoir fait le nécessaire en déclenchant le jour des faits « le protocole d’accompagnement et de suivi » pour les personnels victimes d’agression.

Avant les vacances de Noël, un des enfants à l’origine de l’épisode avait en outre introduit un couteau dans le collège, ce qui lui avait valu une journée d’exclusion, sanction jugée là encore insuffisante.

La décision de changer les deux enfants d’établissement a été prise en accord avec leurs parents lors d’un entretien qui s’est déroulé en présence de l’inspecteur d’académie la semaine dernière.