Comment Erasmus compte booster la mobilité des jeunes français dans les prochaines années

GOOD TRIP Le programme Erasmus + 2021-2027 vise 10 millions de mobilités

Delphine Bancaud

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Le programme Erasmus 2021-2027 devrait permettre à plus de Français de connaître une expérience de mobilité.
Le programme Erasmus 2021-2027 devrait permettre à plus de Français de connaître une expérience de mobilité. — Pixabay
  • Un financement de 26 milliards d’euros est prévu pour la période 2021-2027.
  • Ce qui doit permettre à davantage d’étudiants, élèves et professionnels, d’en profiter.
  • L’autre défi du programme Erasmus + sera de compenser le départ du Royaume-Uni en raison du Brexit.

C’est une bonne nouvelle dans cette période sombre : dans les prochaines années, les étudiants, élèves et professionnels seront plus nombreux à connaître une expérience à l’étranger. « Car le programme Erasmus + a obtenu pour la période 2021-2027 un financement de 26 milliards d’euros, c’est un quasiment doublement de l’enveloppe », a déclaré ce jeudi Thémis Christophidou, directrice générale éducation à la Commission européenne. Ce qui devrait permettre d’atteindre 10 millions de mobilités européennes en seulement sept ans.

Et ce même si les départs sont actuellement moins nombreux en raison de la crise sanitaire. « Ils ont été suspendus au moment du premier confinement, mais ils ont repris après, notamment via des semestres d’été proposés dans beaucoup d’universités partenaires. Ils ont ralenti ensuite en automne et se sont concentrés vers les destinations plus proches en Europe. Avec des contraintes sanitaires propres à chaque pays, comme une quatorzaine parfois imposées à l’arrivée », indique Laure Coudret-Laut, directrice de l’Agence Erasmus + France. Si certains étudiants pourraient hésiter à faire une demande de mobilité en ce moment en raison du contexte incertain, ils ne doivent pas se brider, selon elle : « Depuis le début de la crise sanitaire, les établissements et organismes de formation ont su proposer des solutions alternatives adaptées à chaque jeune : soit par un report, soit par un changement de destination, soit par un début à distance (cours en ligne par leur université d’accueil avant un séjour sur place)… »

« En moyenne, 100.000 Français vivent cette expérience chaque année »

Pour l’heure, les chiffres ne démontrent d’ailleurs pas une baisse de l’appétence des Français pour les expériences à l’étranger : « En 2020, les demandes de mobilité Erasmus + ont augmenté de 7 % », a souligné le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer. « En moyenne, 100.000 Français vivent cette expérience chaque année », a-t-il poursuivi. Parmi eux, plus de 50 % d’étudiants (stages ou études), environ 30 % d’alternants, stagiaires et formateurs de la formation professionnelle et 20 % d’enseignants et professeurs.

Avec le programme 2021-2027, davantage d’enseignants vont aller se former à l’étranger pour observer les pratiques de leurs confrères. Sachant qu’entre 2014 et 2020, 65.000 mobilités ont été financées pour des enseignants, professeurs et formateurs, qui sont partis en moyenne une semaine. Autre axe de développement : les départs d’élèves de la maternelle au lycée. « Des projets plus courts vont permettre à de nouveaux établissements de "tester" des projets Erasmus +. L’idée est de simplifier l’accès au programme pour permettre à un nombre croissant de jeunes de faire l’expérience de l’international dès le plus jeune âge », souligne Laure Coudret-Laut. L’accent sera mis sur les collégiens. Et pour booster les départs des apprentis, des référents mobilité seront mis en place dans les CFA.

Le Royaume-Uni sort du programme

L’autre défi d’Erasmus + sera de compenser le départ du Royaume-Uni du programme en raison du Brexit. Bon à savoir : les séjours Erasmus + prévus au Royaume Uni jusqu’en 2020 auront bien lieu, potentiellement jusqu’en 2023. Et depuis 2016, il semblerait que les Français aient anticipé la situation : « On observe que la demande de mobilité vers ce pays a ralenti en faveur de l’Espagne, qui passe aujourd’hui en tête des destinations favorites des Français en Erasmus. L’Irlande et les pays anglophones du Nord de l’Europe attirent de plus en plus pour leurs formations en anglais », indique Laure Coudret-Laut. Et qu’ils se rassurent, les étudiants auront beaucoup de choix : 33 pays en Europe et 167 pays hors d’Europe.

Enfin, Erasmus + intégrera davantage la dimension climat. « L’agence Erasmus + compte soutenir des mobilités à moindre impact carbone », indique Laurence Farreng, députée européenne, membre de la Commission culture et éducation. Les participants utilisant des moyens de transport moins polluants verront leur bourse revalorisée.