Pour être interdit de jeux, la démarche est simplifiée et désormais accessible en ligne

ADDICTION L'Observatoire des jeux estime à 1,3 million le nombre de joueurs problématiques

20 Minutes avec agences

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Un joueur en train de faire des paris sportifs (illustration).
Un joueur en train de faire des paris sportifs (illustration). — PFG/SIPA

Plus besoin de se rendre au commissariat : depuis ce mardi, la gestion du fichier des interdits de jeux passe des mains du ministère de l’Intérieur à celles de l’Autorité Nationale des Jeux (ANJ). Cette dernière proposera une démarche modernisée et simplifiée.

Auparavant, les personnes souhaitant figurer sur ce fichier devaient obtenir un rendez-vous dans un commissariat et s’y rendre afin de finaliser leur inscription. Elles se retrouvaient ainsi sous le coup d’une interdiction, pour une durée de trois ans, de jouer dans les casinos et clubs de jeux, sur les sites Internet de paris ou poker agréés par l’ANJ et aux jeux de la Française des jeux et du PMU avec un compte joueur.

« Un pas en avant »

Une démarche fastidieuse et dissuasive pour certains joueurs qui désormais auront simplement à remplir un formulaire en ligne sur le site de l’ANJ. « C’est réellement un pas en avant. Il n’y a plus cette difficulté qu’avaient les joueurs à franchir le cap d’aller physiquement dans un service de police pour valider leur interdiction », estime Armelle Achour, directrice de SOS joueurs.

« Pour lutter contre les addictions, je dis souvent qu’il ne faut pas qu’il y ait plus de deux démarches à faire pour que ce soit efficace », abonde Mario Blaise, chef de service à l’hôpital Marmottan à Paris, spécialisé dans les pratiques addictives. Cette simplification est d’autant plus importante que « la motivation [pour arrêter de jouer] peut être un peu fugace et ambivalente, donc il est important que [la procédure] la facilite », ajoute-t-il. « Quand un joueur demande son interdiction, on sait déjà qu’il est à bout de souffle. C’est dans les derniers temps qu’il fait le plus de bêtises », ajoute Armelle Achour.

36.500 personnes interdites de jeux

Isabelle Falque-Pierrotin, présidente de l’ANJ, se félicite de voir le régulateur des jeux d’argent se positionner comme « un offreur de service à la population des joueurs et pas simplement comme le flic ou gendarme » du secteur. « On veut aider les joueurs à avoir la maîtrise de leur pratique de jeu et les accompagner », ajoute-t-elle.

En dépit de cette procédure, les joueurs, sous le coup d’une interdiction, auront toujours la possibilité de jouer en point de vente. Le fichier des interdits volontaires de jeux compte actuellement 36.500 personnes, alors que le nombre de joueurs problématiques en termes d’addiction est estimé à 1,3 million de personnes par l’Observatoire des jeux.