Lot : Face au comportement de certains chasseurs, « une politique de tolérance zéro » annoncée par le parquet de Cahors

CHASSE Après une augmentation des accidents de chasse dans le Lot, dont un drame mortel, le procureur de la République de Cahors annonce « des réponses pénales systématiques »

Nicolas Stival

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Le procureur de la République de Cahors durcit le ton face aux dérives de certains chasseurs dans le département du Lot. Illustration.
Le procureur de la République de Cahors durcit le ton face aux dérives de certains chasseurs dans le département du Lot. Illustration. — Mourad Allili / Sipa
  • Frédéric Almendros, procureur de la République de Cahors, annonce qu’il n’y aura plus d’alternatives aux poursuites en cas de mauvais comportements pendant une partie de chasse, dans le Lot.
  • Le magistrat rappelle qu'« il ne s’agit pas d’un loisir comme un autre », car « les chasseurs ont des armes potentiellement létales entre les mains ».

De source judiciaire, les gendarmes ont recensé quelque 40 accidents de chasse en 2020 dans le Lot, soit le double de l’année précédente. Le 2 décembre, Morgan Keane, un jeune homme de 25 ans qui coupait du bois, est mort à Calvignac après avoir été touché par balle lors d’une battue. Dans ce contexte général très tendu, le procureur de la République de Cahors a organisé lundi une réunion, à laquelle étaient conviés des représentants de la gendarmerie, de la préfecture, des chasseurs et de l’Office français de la biodiversité (OFB).

Joint par 20 Minutes ce mercredi, Frédéric Almendros prévient : « Le comportement de certains chasseurs laisse à désirer, c’est la raison pour laquelle j’ai décidé de ne plus mettre en place d’alternatives aux poursuites et de faire des réponses pénales systématiques. » Fini donc les rappels à la loi, les compositions pénales et autres stages de sensibilisation.

Des suspensions de permis provisoires ou définitives

« Les gens qui commettent des infractions à la chasse doivent savoir qu’ils pourront perdre leur permis au moins de manière provisoire, voire définitive, indique le magistrat. La politique pénale du parquet de Cahors, c’est une politique de tolérance zéro, avec des renvois systématiques devant la juridiction de jugement dès qu’il y aura suspicion d’infraction. »

Le drame de Calvignac a suscité l’émoi bien au-delà de ce village de 200 habitants, à l’est du Lot. Mais d’autres comportements déviants justifient cette politique de plus grande fermeté, selon Frédéric Almendros. Comme la poursuite de sangliers avec des véhicules, ou des menaces sur des randonneurs et des cueilleurs de champignons. Le magistrat prend bien soin de ne pas généraliser ces infractions, œuvres d’une minorité de personnes, à l’ensemble d’une corporation. « Je ne suis ni pro, ni anti-chasseurs, ce n’est pas mon métier, indique-t-il. Mais il ne s’agit pas d’un loisir comme un autre. Les chasseurs ont des armes potentiellement létales entre les mains. »

Et les agissements de certains peuvent parfois impliquer leurs collègues. « La responsabilité pénale, ce n’est pas seulement la responsabilité de celui qui tire. En cas d’accident lors d’une battue, la responsabilité du chef de battue, éventuellement des chefs de ligne et des piqueurs peut être engagée. » De son côté, la fédération départementale de chasse s’est engagée à proposer une formation à ses quelque 7.000 adhérents.