Des manifestants bravent le couvre-feu marseillais pour dénoncer la « casse sociale »

CONFINEMENT Ils dénonçaient les conséquences du confinement sur le monde du travail

20 Minutes avec AFP

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Une rue déserte à Marseille durant le couvre-feu, le 22 décembre 2020.
Une rue déserte à Marseille durant le couvre-feu, le 22 décembre 2020. — LOUAI BARAKAT/SIPA

Quelques centaines de personnes ont bravé mardi soir le couvre-feu anti-Covid pour manifester à la nuit tombée, flambeaux en main, dans le centre de Marseille, contre la « casse sociale » et pour le renforcement des services publics.

Les manifestants qui répondaient à l’appel de plusieurs organisations dont le Parti communiste et le syndicat CGT entendaient notamment dénoncer les conséquences pour le monde du travail des choix sanitaires et économiques du gouvernement dans la lutte contre la crise du coronavirus.

Marche aux flambeaux

« Les moyens ne sont pas mis dans la recherche, dans la prévention ou le soin. Et chaque semaine, on annonce des fermetures d’activités et des plans de sauvegarde de l’emploi qui n’en sont jamais », a dénoncé Olivier Mateu, secrétaire général de la CGT des Bouches-du-Rhône.

Pour le syndicaliste, la mobilisation est nécessaire même pendant le couvre-feu. « Il est écrit nulle part que les mesures prises interdisent les mobilisations sociales », fait-il valoir en affirmant avoir prévenu la préfecture. Et puis, « une descente aux flambeaux, c’est plus visible la nuit », s’amuse-t-il.

« Dépêchez-vous, le virus sort à 18 h ! »

« Métro, boulot, dodo, jusqu’où ira votre soumission ? », interrogeait une pancarte brandie en tête de cortège par une militante qui haranguait les passants pressés de rentrer chez eux : « Dépêchez-vous, le virus sort à 18 h ! ».

« Il faut interdire les licenciements pendant la crise et créer un ISF (impôt sur la fortune) remanié pour donner de l’argent aux hôpitaux, aux gens qui n’ont pas de logement », suggère un autre manifestant, Daniel Bretones.

Des « justificatifs de déplacement pour activités syndicales », édités par la CGT, ont été distribués aux manifestants qui en ont fait la demande pour participer à la manifestation puis retourner à leur domicile après 18 h. Mais les rares policiers qui suivaient le cortège n’effectuaient pas de contrôles. « Quand les choses peuvent se faire en bonne intelligence, c’est très bien », a constaté, satisfait, Olivier Mateu.