Affaire Preynat : Malgré sa condamnation, l’ancien prêtre pourrait échapper à la prison

PEDOCRIMINALITE DANS L'EGLISE L’avocat de l’ancien curé estime que son état de santé n’est pas actuellement compatible avec une détention

Caroline Girardon

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Condamné à 5 ans de prison ferme pour agressions sexuelles sur mineurs, l'ancien prêtre Bernard Preynat pourrait ne jamais être incarcéré. (Photo by PHILIPPE DESMAZES / AFP)
Condamné à 5 ans de prison ferme pour agressions sexuelles sur mineurs, l'ancien prêtre Bernard Preynat pourrait ne jamais être incarcéré. (Photo by PHILIPPE DESMAZES / AFP) — AFP
  • Condamné, en mars 2020, à 5 ans de prison ferme pour agressions sexuelles sur mineurs, Bernard Preynat pourrait ne jamais être incarcéré.
  • L’ancien curé, qui avait fait appel de sa condamnation dans un premier temps, n’a pas été placé en détention.
  • Son état de santé ne lui permettrait pas d’être incarcéré, selon son avocat.

La veille du premier confinement, il avait été condamné à 5 ans de prison ferme pour agressions sexuelles sur des mineurs. Pourtant, l’ancien prêtre du diocèse de Lyon Bernard Preynat n’a passé aucune nuit en cellule. Il pourrait bien ne jamais être envoyé derrière les barreaux en raison de son état de santé, ont révélé dimanche nos confrères de RCF Lyon. Une information que n’a, pour l’instant, pas commenté le parquet.

Bernard Preynat, poursuivi pour l’agression de plusieurs scouts lorsqu’il encadrait la paroisse de Saint-Luc-Saint-Joseph à Sainte-Foy-lès-Lyon dans les années 70 à 90, a été jugé en janvier 2020. La décision du tribunal correctionnel a été rendue deux mois plus tard mais elle n’était pas assortie d’un mandat de dépôt.

Dans un premier temps, l’ancien curé avait fait appel de sa condamnation, avant de se raviser le 24 novembre. Ce qui laissait penser qu’il serait bientôt incarcéré. Mais son avocat a demandé l’avis d’un collège d’experts afin de savoir si l’état de santé de son client serait compatible avec une détention, indique RCF. Ce qui pourrait prendre beaucoup de temps. 

L’indemnisation des victimes pas encore réglée

Bernard Preynat aura 76 ans au mois de février. Au moment du procès, seules 10 victimes, pour lesquelles les faits n’étaient pas prescrits, avaient pu témoigner à la barre. L’ancien curé avait toutefois indiqué que le nombre d’enfants abusés était bien plus important. « De 1970 à 1991, c’est arrivé presque tous les week-ends. Un ou deux enfants à la fois ? Cela dépendait. Pendant les camps, cela pouvait être quatre ou cinq enfants par semaine », avait-il avoué devant un auditoire médusé.

Par ailleurs, la question de l’indemnisation des victimes (entre 3.000 et 20.000 euros selon) n’a pas été réglée puisque Bernard Preynat n’est pas solvable. Un fonds de garantie d’État, devrait prendre le relais au civil.