Coronavirus : Cher, Bas-Rhin, Côte d’or… Les huit départements qui imposent le couvre-feu à 18 heures dès ce dimanche

PANDEMIE Plusieurs départements ont basculé sur un couvre-feu à 18 heures, au regard de l’évolution de la situation

Laure Gamaury

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La police contrôle un livreur à vélo à Metz, le 5 janvier 2021, alors que 15 départements ont mis en place un couvre-feu dès 18 heures.
La police contrôle un livreur à vélo à Metz, le 5 janvier 2021, alors que 15 départements ont mis en place un couvre-feu dès 18 heures. — JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP

Confrontés à la menace d’un rebond de l’épidémie, une dizaine de nouveaux départements, dont les Bouches-du-Rhône, vont passer sous couvre-feu avancé à 18 heures, en dépit de la grogne d’élus locaux qui doutent de l’efficacité de la mesure.

En déplacement à Tarbes (Hautes-Pyrénées), le Premier ministre Jean Castex a défendu des « mesures difficiles mais nécessaires » face à une « épidémie (qui) ne faiblit pas, oui qui se renforce dans certaines zones du territoire ».

La nouvelle mesure va s’appliquer à partir de dimanche dans huit départements : le Cher, l’Allier, la Côte-d’Or, le Haut-Rhin et le Bas-Rhin, ainsi que le Vaucluse, les Alpes-de-Haute-Provence et les Bouches-du-Rhône, ont annoncé ce samedi les préfectures concernées.

Un nouveau cluster dans les Bouches-du-Rhône

A Marseille, la mairie, à gauche, et la région, à droite, avaient dénoncé d’une même voix la mesure, qui, selon eux, n’a pas prouvé son efficacité. Mais le préfet des Bouches-du-Rhône a justifié sa décision, après la découverte d’un cluster familial « élargi » (21 cas) présentant le nouveau variant britannique au coronavirus, réputé plus contagieux.

Le Var, qui ne faisait pourtant pas partie des départements envisagés, a annoncé à son tour la mise sous cloche à 18 heures, à compter de mardi seulement, inquiet d’avoir dépassé le seuil des 200 cas de Covid-19 pour 100.000 habitants.

Tous ces départements rejoignent les quinze, principalement de l’est de la France, qui sont déjà soumis à un couvre-feu avancé depuis une semaine, tandis que le reste du territoire reste à 20 heures. Malgré des indicateurs préoccupants, les préfectures de la Haute-Savoie et de l’Yonne n’ont pas avancé leur couvre-feu.

Une mesure qui peine à convaincre

Pour le gouvernement, la mise en place de cette mesure, appliquée pour la première fois fin octobre, a permis de ralentir les contaminations. Elle n’a toutefois pas empêché un deuxième confinement, soulignent ses détracteurs. Le président des maires du Vaucluse, Jean-François Lovisolo, se dit « très réservé ». « A 18 heures, la population à risque est déjà chez elle et on va mettre en difficulté les commerçants, les restaurants qui font de la vente à emporter, les stations-service, les boulangeries », a-t-il dit.

Le chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, Eric Caumes, ne cache pas non plus son scepticisme : « Je ne suis pas sûr que ce soit très efficace mais on verra bien », a-t-il déclaré samedi sur franceinfo.

Dépistage massif à Bagneux

En attendant, une opération de dépistage massif s’est déroulée ce samedi à Bagneux, en banlieue parisienne, où le variant issu du Royaume-Uni, a été détecté vendredi. Quelques centaines de volontaires sont venus se faire tester, à l’instar de Maria, 64 ans, « encore plus inquiète » avec l’apparition de cette mutation du virus.

Pour l’instant, en prenant en compte le cluster, tout juste découvert dans les Bouches-du-Rhône, une quarantaine de cas de contamination par ce variant sont avérés dans toute la France (ainsi que trois autres par un variant différent initialement repéré en Afrique du Sud).