Arrêts de travail pour risque de Covid-19 : La CPME craint un « absentéisme incontrôlé », le gouvernement rassure

PANDEMIE La suppression du délai de carence doit inciter les salariés à s’isoler plus rapidement

20 Minutes avec AFP
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Une tente pour réaliser des tests antigéniques (image d'illustration).
Une tente pour réaliser des tests antigéniques (image d'illustration). — AFP

La Confédération des petites et moyennes entreprises a dit ce vendredi craindre « un absentéisme incontrôlé » après la décision du gouvernement d’accorder des arrêts maladie aux personnes présentant des symptômes du Covid-19. Mais Matignon et l’Assurance maladie se sont voulus rassurants, promettant des contrôles et arguant qu’un test serait obligatoire.

« La CPME s’inquiète des conséquences éventuelles de cette annonce qui revient à consacrer le caractère automatique de l’arrêt de travail en cas de symptômes supposés et ce, sans aucun contrôle médical ni test préalable », a expliqué l’organisation patronale dans un communiqué.

Un test obligatoire

L’organisation a demandé au gouvernement de mettre en place « un encadrement évitant les dérives de toutes natures », car selon elle la mesure, dont le Premier ministre Jean Castex a annoncé l’entrée en vigueur le 10 janvier, « serait de nature à entraîner une très forte augmentation des arrêts maladie et ouvrirait la porte à un absentéisme incontrôlé risquant de désorganiser les entreprises ».

Face à ces inquiétudes, les services du Premier ministre ont précisé à l’AFP que toute personne présentant des symptômes ou étant cas contact « aurait l’obligation, pour prolonger son arrêt de travail immédiat, de faire un test ». En cas de test positif, l’arrêt maladie se poursuivra et en cas de test négatif, il sera immédiatement interrompu, ont-ils ajouté.

Un isolement mieux respecté

Concrètement, les personnes présentant des symptômes du Covid-19 et qui « ne sont pas en mesure de continuer à travailler depuis leur domicile » pourront bénéficier d’un arrêt de travail indemnisé « sans délai de carence », ont précisé dans un communiqué les ministères du Travail et de la Santé. Elles devront « s’engager » à se faire tester dans les deux jours.

« La suppression du jour de carence encouragera les salariés à s’isoler plus rapidement », a expliqué dans un communiqué la ministre du Travail Elisabeth Borne. Car « la crainte d’une perte financière, surtout pour les personnes les plus précaires », constitue l’un des premiers freins à l’isolement, observe la « Sécu ». Les salariés concernés doivent se déclarer eux-mêmes en ligne, sur declare.ameli.fr (ou declare.msa.fr pour les travailleurs agricoles). Ils pourront alors télécharger un justificatif à envoyer à leur employeur.

Des contrôles « réguliers »

« Les médecins ne devront plus établir d’arrêt de travail pour ces patients, au risque sinon que ces derniers ne se voient appliquer un délai de carence », a précisé l’Assurance maladie, qui « assurera des contrôles réguliers pour éviter toute utilisation abusive de ce nouveau téléservice ».

Quant aux personnes « cas contact », identifiées comme telles dans le cadre du « contact tracing » de l’Assurance Maladie, elles doivent continuer à utiliser le téléservice déjà en place pour cette situation (https://declare.ameli.fr/cas-contact/conditions). Si leur test est positif et qu’elles ne peuvent pas télétravailler, « elles entreront dans le nouveau dispositif » et « bénéficieront, à compter du lendemain de la date d’obtention du résultat du test », d’un arrêt maladie sans délai de carence, a précisé la « Sécu ».