Coronavirus : « Pourquoi leur faire subir tout ça ? » Des parents toujours mobilisés contre le port du masque à l’école

MANIFESTATION Comme à Angers, plusieurs appels à manifester contre le port du masque à l’école ont été lancés pour samedi

Julie Urbach

— 

Illustration d'un enfant portant un masque pour se rendre à l'école
Illustration d'un enfant portant un masque pour se rendre à l'école — JOHN MOORE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP
  • Des familles vont manifester, ce samedi, contre le port du masque imposé aux écoliers entre 6 et 11 ans.
  • Dans le Maine-et-Loire, où la mobilisation ne redescend pas, un collectif de 183 parents a saisi le Conseil d’Etat.

Ils attendent « plusieurs centaines de familles » à la manifestation qu’ils organisent samedi matin à Angers, et assurent que d’autres parents vont les imiter un peu partout en France. Dans le Maine-et-Loire, la colère ne redescend pas au sein d’un collectif opposé au port du masque chez les écoliers de 6 à 11 ans. La mesure, qui s’impose aux élèves de primaire depuis la rentrée des vacances de la Toussaint, est jugée « complètement disproportionnée » par ces familles issues d’une cinquantaine d’écoles du département.

« Je ne suis pas complotiste et suis favorable au port du masque, mais pas pour les enfants, prévient Carole Bonneau, maman d’une petite fille de 8 ans. En plus d’une gêne physique, de la chaleur, il cause de l’irritabilité, des maux de tête, voire des cauchemars, selon les témoignages que nous avons recueillis. C’est aussi très problématique chez les petits qui portent des lunettes, et qui, alors qu’ils sont en plein apprentissage, sont obligés de les enlever pour ne pas subir la buée. »

Les parents mobilisés craignent surtout que cet épisode s’éternise et laisse des traces. « Plusieurs études ont démontré que les plus jeunes ne se contaminaient que très peu entre eux, alors pourquoi leur faire subir tout ça ?, poursuit Carole Bonneau. Nous nous inquiétons aussi sur l’impact à plus long terme, comme des retards d’apprentissage ou des difficultés de communication. »

Le Conseil d’Etat demande une justification

Alors que l’épidémie de coronavirus flambe de nouveau en France, le ministère de la santé estime que si les enfants de 6 à 11 ans « sont moins exposés que d’autres tranches d’âge à la contamination au virus, ils n’en sont néanmoins pas immunisés et restent contaminants. » Un argument parmi d’autres qui figurent dans un document envoyé en cette fin de semaine au Conseil d’Etat, que 183 familles du département ont saisi pour tenter de faire abroger cette mesure. Alors que d’autres parents ont été déboutés, la requête a cette fois été un peu plus loin puisque l’institution, qui devait se prononcer ces dernières heures, a demandé, pour la première fois, au gouvernement de se justifier.

Dans ce document, que 20 Minutes a pu consulter, le ministère explique sa décision par la nécessité de maintenir les écoles ouvertes. Elle rappelle que « des mesures ont été prises à l’attention des élèves pour lesquels l’obligation du port du masque constitue un obstacle réel aux apprentissages » mais aussi que « I’OMS et l’Unicef n’émettent pas d’interdiction ou de mise en garde générale contre l’obligation du port du masque chez les enfants de 6 à 11 ans, contrairement à l’obligation du port du masque chez les enfants de moins de 5 ans ».

Le virus variant inquiète

Si la société française de pédiatrie est du même avis, les positions divergent pourtant entre spécialistes. « Il me paraît difficile de dire qu’il n’y aura aucune conséquence psychologique, estime par exemple Jean-Louis Ginies, professeur de pédiatrie du CHU d’Angers, aujourd’hui retraité. Ce que j’observe surtout, c’est un manque d’efficacité pour cette tranche d’âge : les enfants ont tendance à tripoter leur masque ou à le porter de façon aléatoire. Pour moi, il s’agit d’une contrainte importante qui ne sert pas à grand-chose. »

Aux nombreuses études qui peuvent parfois paraître contradictoires vient s’ajouter une nouvelle incertitude : le virus variant anglais qui inquiète par sa possible dangerosité plus forte chez les enfants. Pour l’heure, si le gouvernement a exclu de fermer les écoles contrairement à d'autres pays, il ne semble donc pas question de desserrer le protocole sanitaire, au contraire.