Coronavirus à Marseille : Les traces d’une reprise de l’épidémie détectées dans les eaux usées par les marins-pompiers

EPIDEMIE Les marins-pompiers de Marseille ont détecté une possible reprise de l’épidémie de Covid-19 en analysant les eaux usées de la ville

Adrien Max

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Le véhicule des marins-pompiers de Marseille pour la recherche du Covid-19 dans les eaux usées.
Le véhicule des marins-pompiers de Marseille pour la recherche du Covid-19 dans les eaux usées. — MN/BMPM/ETOURNEAU
  • Les marins-pompiers de Marseille analysent les eaux usées de la ville afin d’y déceler des traces de Covid-19, et plus il y a de traces plus l’épidémie repart.
  • « La tendance était favorable depuis la mi-décembre, mais depuis deux jours les indicateurs repartent à la hausse. C’est la première fois qu’on retombe sur des concentrations qui semblent remonter », indiquent-ils.
  • Ces données sont ensuite envoyées à l’ARS qui alerte les différents acteurs du territoire concerné.

Une technique innovante pour une nouvelle inquiétante. Les marins-pompiers de Marseille ont détecté les traces d’une possible reprise de l’épidémie de Covid-19 à Marseille, en analysant les eaux usées. « La tendance était favorable depuis la mi-décembre, mais depuis deux jours les indicateurs repartent à la hausse. C’est la première fois qu’on retombe sur des concentrations qui semblent remonter. C’est à confirmer dans les jours à venir », explique le lieutenant de vaisseau Christophe.

Les marins-pompiers avaient déjà pu observer une reprise de l’épidémie à la fin de l’été dernier, puis en octobre. « Cette démarche de surveillance est en cours depuis cet été à la suite de diverses publications scientifiques qui montraient que mesurer la concentration de Covid-19 dans les eaux usées pouvait donner une idée de la situation en nombre de malades une semaine plus tard. On a développé une démarche de détection du virus dans l’environnement, surtout en surface, et on avait les outils pour cette démarche de surveillance qui s’est révélée intéressante », détaille le lieutenant de vaisseau.

« Un indicateur que l’on suit, et qui nous sert »

Concrètement, les marins-pompiers analysent les eaux usées au niveau de la station d’épuration située sous le stade Vélodrome pour avoir une tendance globale, puis une fois par semaine ils réalisent une cartographie complète de la ville, sur 37 secteurs. « Cela offre une photo à l’instant T une fois par semaine pour y avoir des actions plus ciblées », ajoute Christophe. Selon lui, il faut néanmoins observer environ six jours d’augmentation du Covid-19 dans les eaux usées pour avoir une tendance précise.

Ces données sont directement transmises à l’ARS, qui décide ensuite d’action à mener. « On a les remontées des marins-pompiers, et on prévient les établissements de la zone pour qu’ils renforcent leur vigilance, indique l’ARS. Il s’agit d’Ehpad, d’écoles, de collèges. On contacte également la cellule tracking. C’est un indicateur que l’on suit, et qui nous sert. » Des actions peuvent aussi être décidées, là encore avec les marins-pompiers, comme des campagnes de dépistage ciblées.

L’AP-HM est aussi alertée. « En fonction des infos de l’ARS et de l’épidémiologiste Pascal Auquier qui suit les courbes, on peut prévoir le nombre de lits à ouvrir. Pour l’instant c’est stable, mais on aura l’impact des fêtes d’ici une semaine donc il faut rester prudent parce que ça peut augmenter. On nous a alertés d’un possible rebond. A voir si ça se confirme en matière d’hospitalisations graves », explique de son côté l’AP-HM. Mais l’ARS a elle aussi repéré une augmentation du taux d’incidence. La prudence est donc de mise, et un couvre-feu pourrait être instauré dès 18 h dans les Bouches-du-Rhône à partir de dimanche.