Hôpital : Un appel à la grève illimitée des praticiens à partir de lundi

SOCIAL Les grévistes protesteront contre une mesure « désavantageuse » du Ségur de la Santé, qui accélère les carrières de nouveaux médecins mais pas de ceux déjà en poste

20 Minutes avec AFP

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Le personnel hospitalier en grève, le 14 février 2020 (image d'illustration).
Le personnel hospitalier en grève, le 14 février 2020 (image d'illustration). — STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Nouvel appel à la grève à l’hôpital. Un syndicat de praticiens appelle à un mouvement social « illimité à partir de lundi » pour protester contre les conséquences d’une récente réforme du Ségur de la santé sur la carrière des médecins en poste.

« Si on crée une injustice entre les tout jeunes et ceux qui ont tenu l’hôpital public jusqu’à maintenant, tout le monde va s’en aller », explique à l’AFP Anne Geffroy-Wernet, présidente du Syndicat national des praticiens hospitaliers anesthésistes-réanimateurs élargi (SNPHARE) qui représentent l’ensemble des praticiens hospitaliers.

Chirurgiens, cardiologues ou psychologues

Actée en juillet, la suppression des trois premiers échelons de carrière est favorable aux nouveaux embauchés, mais ceux qui ont été recrutés avant 2020 « se voient désavantagés de quatre années d’ancienneté par rapport à leurs collègues nommés cette année », dénonce le SNPHARE qui réclame de suivre « une seule et même grille d’ancienneté ».

« Ce mouvement, selon nos retours, va être extrêmement suivi, par des praticiens hospitaliers de tous âges et de toutes spécialités », précise vendredi le syndicat. « Je pense que l’on va dépasser les 70 à 80 % de grévistes dans les blocs », explique Anne Geffroy-Wernet ajoutant que les consultations seront également touchées par cette grève « des soins urgents et non urgents ».

Le mouvement concerne tous les praticiens hospitaliers, des anesthésistes-réanimateurs aux chirurgiens en passant par les psychologues, les pédiatres ou les cardiologues. « Ce n’est pas qu’une histoire de salaire, si nous ne sommes plus assez nombreux, la prise en charge des patients est en danger », ajoute la présidente du SNPHARE. Une analyse partagée par les urgentistes de l’Amuf, ainsi que les praticiens du SNMH-FO qui affirment également que cette mesure va « vider l’hôpital de ses médecins ».