Coronavirus à Bagneux : Que sait-on du cluster où une agent scolaire a contracté le variant anglais ?

EPIDEMIE Une opération de grande ampleur est mise en œuvre à Bagneux, dans les Hauts-de-Seine, pour tenter de contenir la propagation du variant anglais du coronavirus

Caroline Politi

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Une femme en train d'être dépistée (image d'illustration)
Une femme en train d'être dépistée (image d'illustration) — ALAIN JOCARD / AFP
  • Une animatrice scolaire travaillant dans deux établissements scolaires de Bagneux a été testée positive au variant anglais du coronavirus.
  • Plusieurs de ses collègues ont été testés positif au Covid-19 sans qu’on sache encore s’il s’agit du variant ou du virus classique.
  • Un dépistage massif est organisé dans la ville des Hauts-de-Seine pour tenter d’identifier d’autres cas.

C’était probablement la nouvelle que redoutaient le plus les autorités sanitaires : un cluster dans un établissement brassant un large public, en l’occurrence une école. Une agent scolaire de Bagneux ( Hauts-de-Seine) a été testée positive au variant anglais du coronavirus, a-t-on appris jeudi après-midi. Pour tenter de contenir l’épidémie, les autorités sanitaires cherchent non seulement à comprendre l’origine de sa contamination mais également à identifier d’autres cas. 20 Minutes fait le point.

Qui a été contaminé ?

La trace de cette souche, probablement 40 à 70 % plus transmissible, a été détectée pendant les vacances de Noël – le 22 décembre précisément – dans l’organisme d’une agent scolaire de Bagneux. Cette femme qui travaille dans deux établissements de la commune n’est pas retournée travailler à la rentrée et se trouve toujours à l’isolement. Les autorités sanitaires s’attachent à identifier comment la patiente a contracté le virus car selon un communiqué de la direction générale de la santé, « il n’a pas été retrouvé, lors de l’enquête épidémiologique, de notion de voyage ou de contact avec un cas ayant voyagé ». En clair : elle a contracté le variant anglais sur le territoire. Un signe, donc, que cette souche du virus circule déjà en France.

Selon l'Agence régionale de santé (ARS) d'Ile-de-France, quatre cas du variant anglais ont été détectés dans la région, cinq autres cas possibles et cinq cas probables sont toujours en cours d'analyse. «Parmi les quatre cas confirmés, les trois autres sont clos, seul celui-ci reste ouvert pour identifier la source de sa contamination puisqu'elle ne fait notion de voyage», précise à 20 Minutes l'ARS. 

Comment ce cas a-t-il été découvert ?

« Je dois bien avouer qu’on l’a découvert par hasard », a confié à 20 Minutes le Dr Laurent Kbaier, biologiste au sein de Biogroup, le laboratoire qui l’a repéré. A la mi-décembre, les autorités britanniques alertent la communauté internationale sur l’existence de ce variant et informent leurs homologues qu’un des réactifs sur le marché – celui commercialisé par Thermo Fisher – permet d’identifier facilement le variant. « Ce réactif se concentre sur trois gênes, le N, le ORF et le Spike. Lorsqu’on est positif au Covid dit classique, les trois sont positifs, avec le variant, le N et le ORF sont positifs, pas le Spike, c’est très singulier. »

Problème : de nombreux réactifs sont utilisés par les laboratoires – six pour Biogroup, par exemple – et seul celui-ci est efficace pour identifier le variant. « Là où nous avons eu de la chance, c’est que ce jour-là, nous avons utilisé ce réactif et que deux tests sont apparus suspects », poursuit-il. Ceux-ci sont alors immédiatement envoyés au Centre national de référence (CNR) qui procède à un séquençage… et confirme la présence du variant. L’un des deux tests est celui de l’animatrice, on ignore à l’heure actuelle tout du second test. L'ARS précise qu'un seul cas confirmé a été détecté à Bagneux, un autre est toujours en cours d'analyse. 

D’autres cas ont-ils été découverts ?

Ce cluster, tout comme celui découvert près de Rennes dans un foyer de personnes âgées, a été qualifié par les autorités sanitaires de « à risque », notamment en raison de la profession de la patiente. «En réalité, on ne peut parler de cluster car pour l'heure, un seul cas probable - le séquençage est en cours - dans son entourage non professionnel a été mis en lumière», indique l'ARS. Reste une question et non des moindres: quand cette femme a-t-elle été contaminée? L'ARS assure qu'elle a été testée positive pendant ses vacances et n'a donc pas été relation avec ses collègues ou les élèves. L'Education nationale indique, de son côté, qu'elle a été testée positive juste avant les vacances mais n'a appris être infecté par le variant que tout début janvier. 

Un vaste dépistage va être organisé dans les deux établissements auprès du personnel éducatif. Selon la Direction générale de la santé, plusieurs autres cas de Covid-19 ont été détectés parmi les personnels des deux établissements concernés, sans qu'on sache pour l'heure s'il s'agit du variant anglais. 

Une opération de grande ampleur

Dès samedi et jusqu’à mardi, l’Agence régionale de santé et la ville de Bagneux organisent un dépistage massif dans la commune, ouvert aux adultes comme aux enfants. Objectif de l’opération : tenter de freiner la diffusion de ce variant en identifiant d'éventuels nouveaux cas. Dans cette optique, tous les tests PCR réalisés à Bagneux ces derniers jours vont être à nouveau analysé en utilisant cette fois le réactif Thermo Fisher. Enfin, tous les prélèvements positifs réalisés en France, ce vendredi et samedi seront envoyés au centre national de référence afin qu’ils soient tous traités avec le même réactif afin d'évaluer la circulation du variant sur le territoire.