Grippe aviaire : Flambée des cas dans le Sud-Ouest, des abattages préventifs massifs attendus

EPIZOOTIE L’interprofession se sent démunie face à la multiplication des foyers du virus qui touche les volailles

E.P. avec AFP

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Un élevage de canards en France.
Un élevage de canards en France. — ROMUALD MEIGNEUX/SIPA
  • La crise de la grippe aviaire s’intensifie et l’interprofession des producteurs de palmipèdes à foies gras se sent impuissante.
  • Des abattages préventifs massifs devraient intervenir pour tenter d’endiguer la propagation du virus.
  • La filière a déjà été très touchée par cette épizootie entre 2015 et 2017.

La crise de la grippe aviaire, qui a débuté avant les fêtes, se durcit. Les autorités sanitaires devraient prochainement étendre les abattages préventifs de canards dans les élevages du Sud-Ouest pour tenter de contenir la propagation du virus.

« On a un virus qui est plus fort que nous. Il y a toujours de nouveaux foyers qui apparaissent », a déploré la directrice du Comité interprofessionnel des palmipèdes à foies gras, Marie-Pierre Pé, estimant à une centaine désormais le nombre de foyers confirmés en France, majoritairement dans les Landes, mais aussi le Gers et les Pyrénées-Atlantiques.

Le dernier bilan communiqué par le ministère de l’Agriculture, arrêté au 1er janvier, faisait état de 61 cas confirmés d’influenza aviaire (communément appelée grippe aviaire) dans des élevages et animaleries, dont 48 dans le seul département des Landes.

« Inflation galopante »

Interrogé, le ministère de l’Agriculture ne souhaitait pas faire de commentaire dans l’immédiat. Marie-Pierre Pé a évoqué auprès de l’AFP une « inflation galopante » des foyers et des suspicions de contamination.

« On attend l’évolution de la stratégie de lutte » contre l’épizootie, détectée pour la première fois dans un élevage français début décembre, « puisque la stratégie de dépeuplement [abattages préventifs localisés] n’est pas suffisante », a-t-elle déclaré.

C’est un « constat d’impuissance devant un virus qui va plus vite que nous », a-t-elle ajouté, évoquant notamment du « retard pris » dans les abattages faute de moyens humains « entre Noël et Nouvel An ».

Selon ses informations, un « dépeuplement » concernant un périmètre plus étendu devrait être ordonné dans les Landes et des « mesures renforcées » prises dans le Gers et les Pyrénées-Atlantiques, un bassin abritant « plus de 5 millions » de palmipèdes élevés pour leur foie gras.

400.000 palmipèdes potentiellement visés

Le chef des services vétérinaires Loïc Evain avait indiqué mardi que plus de 200.000 canards avaient déjà été abattus en France pour essayer d’endiguer l’épizootie, et que 400.000 palmipèdes supplémentaires étaient en passe de l’être de manière préventive. Cette crise renvoie les éleveurs du Sud-Ouest aux douloureux hivers 2015-16 et 2016-17.

Lors du premier épisode d’influenza, il n’y avait pas eu d’abattage d’animaux sains, mais neuf millions de volailles n’avaient pas été mises en production (en mode « vide sanitaire »), rappelle Marie-Pierre Pée. Lors du deuxième, 4,5 millions de canards avaient été abattus et la filière s’était engagée à investir pour renforcer la biosécurité, afin d’essayer d’éviter la répétition du scénario.

Ces investissements se comptent « en centaines de milliers d’euros » sur le bassin de la Chalosse,​ dans les Landes, où l’influenza aviaire fait à nouveau rage actuellement.