La Sécurité routière veut sensibiliser les piétons et vélos aux angles morts des véhicules lourds

VIGILANCE La Sécurité routière estime que 9 % des accidents mortels de piétons et 8 % de cyclistes sont dus à un angle mort

20 Minutes avec AFP

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Un bus à Nantes (image d'illustration).
Un bus à Nantes (image d'illustration). — JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

A Paris, la Sécurité routière a installé un bus et un camion sur le parvis de l’Institut du monde arabe (IMA) afin de montrer la dangerosité des angles morts des véhicules lourds en les matérialisant au sol. Objectif : sensibiliser les cyclistes et piétons, dont la courbe de mortalité est jugée inquiétante.

Depuis le 1er janvier, tous les véhicules de plus de 3,5 tonnes (poids-lourds, bus et cars) ont l’obligation d’apposer, sur les côtés et à l’arrière, une signalisation matérialisant leurs angles morts (zones inaccessibles au champ de vision du conducteur) afin d’avertir les usagers vulnérables qui circulent à proximité.

Une tendance inquiétante

Au premier rang desquels les piétons et cyclistes, particulièrement vulnérables par leur taille, qui les rend moins visibles et plus à mêmes de se faufiler hors du champ de vision, forcément réduit, du conducteur d’un véhicule lourd. 9 % des accidents mortels de piétons et 8 % de cyclistes sont dus à un angle mort, estime la Sécurité routière, qui avait déjà lancé en septembre sa première campagne de communication ciblant spécifiquement les cyclistes.

Plus nombreux au quotidien à la faveur de la crise sanitaire, ces derniers sont aussi davantage mortellement fauchés sur la route : avec respectivement 29 et 37 personnes décédées, les mois de juillet et septembre 2020 constituent des records en termes de mortalité routière des cyclistes, toutes années confondues. 158 ont perdu la vie de janvier à novembre 2020 contre 187 sur l’ensemble de l’année 2019.

La tendance générale concernant les cyclistes, ainsi que les piétons, est donc jugée « inquiétante » par la Déléguée interministérielle à la Sécurité routière, Marie Gautier-Melleray, dans un contexte général de forte baisse de la mortalité routière en raison de la crise sanitaire, qui a limité les déplacements. Le nombre de morts chaque année sur la route passera en effet, en 2020, pour la première fois sous la barre des 3.000 : avant la publication, fin janvier, des chiffres du mois de décembre, 2.061 personnes ont été tuées en France métropolitaine (elles étaient 3.244 en 2019).