Vaccination en Haute-Garonne : Treize centres seront ouverts d’ici à lundi pour les soignants uniquement

EPIDEMIE Ces lieux seront réservés dans un premier temps aux professionnels de santé salariés et libéraux

Béatrice Colin

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Nelly, infirmière au service des maladies infectieuses du CHU de Toulouse, a été vaccinée mercredi 6 janvier.
Nelly, infirmière au service des maladies infectieuses du CHU de Toulouse, a été vaccinée mercredi 6 janvier. — B. Colin / 20 Minutes
  • Les premiers centres de vaccination pour les personnels soignants de plus de 50 ans et à risque ont ouvert en Haute-Garonne ce mercredi. Il y en aura 13 d’ici à lundi prochain.
  • Dans les Ehpad et unités de soins longue durée de la Haute-Garonne, plus de 10.600 résidents sont susceptibles d’être vaccinés s’ils donnent leur accord d’ici au 1er février.
  • Les 26 centres Covid déployés dans le département pourraient être transformés en centre de vaccination dans le cadre de la montée en puissance de la campagne.

« J’ai aidé au service Covid et j’ai vu la détresse des patients, des familles et des soignants. Pour moi, c’est la seule solution ». Nelly, infirmière au service des maladies infectieuses du CHU de Toulouse, n’a eu aucune réticence à se faire vacciner ce mercredi matin au sein des deux premiers centres déployés en Haute-Garonne, à l’hôpital Purpan. Elle fait partie des personnels de santé prioritaires pour recevoir les premières doses reçues depuis la veille par l’hôpital.

Et elle n’était pas la seule à faire la queue pour recevoir son injection. Dans la file, de nombreux convaincus, y compris le président départemental des médecins, Stéphane Oustric, qui ouvrira son propre centre de vaccination jeudi au sein de la Maison des professions de santé. « Nous avons créé un site internet hier soir, où les professionnels peuvent prendre rendez-vous afin de ne pas les faire poireauter », explique le praticien, qui compte pas moins de 3.700 médecins de plus de 50 ans inscrits à l’ordre en Haute-Garonne.

D’ici à lundi, tous ceux qui font partie des publics prioritaires auront la possibilité de s’inscrire dans l’un des treize centres déployés à travers le département, que ce soit dans des cliniques, les hôpitaux ou au sein du centre de vaccination de la mairie de Toulouse, à la Daurade. Les quelque 10.000 doses déjà reçues vont donc être rapidement utilisées et de nouvelles livraisons sont attendues dans les jours à venir.

Les centres Covid reconvertis ?

Parallèlement, le déploiement se poursuit dans les Ehpad et Unités de soins longue durée du département, où 10.623 résidents sont susceptibles d’être vaccinés d’ici au 1er février s’ils donnent leur accord. « L’idée est de monter en charge pour anticiper la phase 2. Il y aura d’autres centres de vaccination, ainsi nous n’écartons pas la possibilité de transformer les 26 unités Covid déployées sur tout le territoire en centres de vaccination », relève Laurent Poquet, le délégué départemental de l’agence régionale de santé.

D’autant qu’aujourd’hui ces structures, qui s’occupent aussi de réaliser les dépistages PCR et antigéniques en plus des consultations, sont moins sollicitées. Chaque jour dans le département, 5.000 tests sont réalisés, dont 3 % reviennent positifs quand ils étaient plus de 14 % en novembre dernier.

« Ceux déployés en partenariat avec la mairie ont été laissés sur place et sont à disposition, ou tout autre équipement municipal si nécessaire », assure François Chollet, l’élu référent pour cette crise sanitaire. Un appui des collectivités que les professionnels de santé ont ressenti. « Tous nous disent qu’ils ont des espaces à disposition pour ouvrir des centres. Nous avons 26 centres Covid. Au plus fort de la crise, nous en avons eu 60 que nous pouvons tous rouvrir à partir du moment où on nous donne le feu vert », poursuit Olivier Oustric, dont les patients sont de plus en plus nombreux à se déclarer prêt à relever leur manche.

Pas de vaccination à domicile

Pour l’instant, il n’est pas question de vacciner à domicile, hors des Ehpad ou des centres de vaccination, y compris lors de la phase 2 avec les personnes âgées de plus de 75 ans. « Nous avançons pour l’instant prudemment car il y a une logistique importante en amont concernant le vaccin et des questions de pharmacovigilance aussi », précise Laurent Poquet, en référence à la durée de conservation et au reconditionnement des doses du vaccin Pfizer.

« On a la capacité de vacciner, comme les infirmiers. Si on doit le faire, on le fera dans nos cabinets, où nous avons des frigos. Arrêtons de penser aussi qu’il n’y a que le vaccin Pfizer, le Moderna va aussi arriver et il a moins de contraintes logistiques », conclut le représentant départemental des médecins.