Rave party à Lieuron : Mais qui sont donc les organisateurs de la fête du Nouvel An ?

ENQUETE Un homme de 22 ans a été placé en détention provisoire et d’autres personnes sont recherchées

C.A. avec AFP

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Les gendarmes ici aux abords de la rave party de Lieuron, en Ille-et-Vilaine, où 2.500 personnes ont fêté le Nouvel an.
Les gendarmes ici aux abords de la rave party de Lieuron, en Ille-et-Vilaine, où 2.500 personnes ont fêté le Nouvel an. — /AP/SIPA
  • Les organisateurs de la rave party de Lieuron sont « activement recherchés » selon les enquêteurs.
  • Seul un homme a pour l’heure été interpellé et placé en détention provisoire.
  • Les organisateurs ont adressé une tribune à « Libération » pour exprimer leur point de vue.

Il a 22 ans à peine, vit dans un camion en Ille-et-Vilaine et participe régulièrement à des fêtes. Placé en garde à vue samedi et incarcéré depuis lundi, ce jeune homme est pour l’heure le seul « organisateur » de la rave party de Lieuron à avoir été appréhendé par les forces de l’ordre. Trahi par son téléphone avec lequel il a envoyé plus de 1.000 SMS le soir du 31 décembre, ce jeune homme a reconnu avoir participé à l’organisation de l’événement qui a défrayé la chronique et déchaîne les passions depuis plusieurs jours. « Il n’était pas le seul organisateur, c’est une évidence », évoquait lundi soir Philippe Astruc face à la presse. Le procureur estimait « qu’au moins trois ou quatre personnes » de plus pouvaient être à l’origine de l’événement. Et que toutes étaient activement recherchées par les enquêteurs pour « leur comportement irresponsable et profondément asocial » en pleine crise sanitaire.

L’enquête pilotée par deux juges d’instruction va devoir s’atteler à percer les sphères du milieu méconnu de la fête. Un monde qui fonctionne beaucoup par réseau de connaissance et ne s’embarrasse pas à laisser trop de traces. L’homme interpellé est-il vraiment à l’origine de la rave party de Lieuron ? Son avocat en doute. « Mon client ne reconnaît pas faire partie de l’organisation », martèle Me Rémi Cassette. « Il reconnaît avoir participé et donné un coup de main ponctuellement mais pas avoir été dans l’organisation ». « Ces personnes furent donc humiliées et terrorisées pour une simple opération de communication, évoquent les organisateurs dans une tribune publiée chez Libération. Bien souvent, la seule chose que nous récoltons en retour, ce sont des emmerdes ».

Plusieurs collectifs mobilisés sur l’organisation

L’avocat n’est pas le seul à penser que les enquêteurs n’ont pas ferré le bon poisson et que les principaux auteurs n’ont pas été appréhendés. D’après nos informations, plusieurs collectifs se seraient réunis pour l’organisation de l’événement. « Il n’y a pas de registre, ils n’émargent pas », a glissé le procureur dans un sourire. Du matériel de sonorisation a bien été saisi par les forces de l’ordre mais il semblerait qu’il n’ait pas servi à Lieuron. Le lieu a été tenu secret. Si elles savaient qu’un événement se préparait, les forces de l’ordre ont eu bien du mal à connaître le point de chute.

Sans antécédent judiciaire, le seul suspect connu a pourtant été placé en détention provisoire « en raison du risque de concertation avec les autres organisateurs », selon le procureur. « Dans le cadre d’organisation de soirées de ce type, à mon sens, c’est une première », estime son avocat. L’improbable médiatisation de l’événement, y compris dans des journaux étrangers, a poussé les fêtards à se taire. Plusieurs collectifs ont appelé les habitués du mouvement à ne pas s’exprimer. L’un d’entre eux l’a fait lundi soir sur le plateau de Touche pas à mon poste, ce qui a été vivement critiqué.