Marseille : Une semaine après la fin de la grève, les ordures s’amoncellent encore

PROPRETE Après les interpellations de Samia Ghali et de la maire de secteur, le député LREM Saïd Ahamada dépose un référé pour demander une action urgente de la Métropole

Caroline Delabroy

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Dans le 16e arrondissement de Marseille, pendant la grève (Photo d'illustration).
Dans le 16e arrondissement de Marseille, pendant la grève (Photo d'illustration). — SOPA Images/SIPA
  • Près de 900 tonnes de déchets n’ont pu être collectées pendant la grève des éboueurs qui a touché trois arrondissements de Marseille, pour des raisons de « management ».
  • Une semaine après la fin du conflit, la situation dans les quartiers populaires du nord de la cité phocéenne tarde à revenir à la normale.

Edit le 06 janvier à 10 h 56 avec la réponse de la métropole

« C’est ramassé, ça y est, souffle Agnès. C’était monté haut. » Dans le quartier historique du Panier, où les habitants ont passé Noël sous les poubelles à cause d’une grève des éboueurs, la situation semble revenue à la normale. Sur le plateau de Plan d’Aou, au nord de Marseille, c’est en revanche tout autre chose. Les sacs s’amoncellent toujours autour des poubelles, près d’une semaine après la fin de la grève qui a touché trois arrondissements marseillais.

« Comme on a plusieurs bennes, ce n’est pas trop monté comparé à la résidence en bas de chez moi, et avec le froid, on ne sent pas l’odeur, c’est déjà ça », observe, philosophe, Morgane. Elle espère quand même que les ordures à terre seront vite ramassées.

Martine Vassal interpellée

« La société Derichebourg a mis deux équipes pour assurer le ramassage, mais malgré cela on voit bien que ce n’est pas suffisant, alerte Nadia Boulainseur, la maire des 15e et 16e arrondissements. Il y a des monticules d'ordures, tous les secteurs sont concernés. Les salariés m’ont parlé encore d’un délai de sept jours pour évacuer les déchets sur la chaussée. En pleine période de crise sanitaire, on cohabite avec les rats et les ordures ! ». Avec Samia Ghali, elle a adressé lundi un courrier à Martine Vassal (LR), la présidente de la Métropole, pour demander le déploiement d’un dispositif d’urgence.

« Le ramassage des ordures relève quand même de sa compétence première, à situation exceptionnelle, il faut prendre des mesures exceptionnelles », ajoute la maire de secteur, appelant à ce que des agents de la Métropole viennent prêter main-forte à la société privée chargée du ramassage dans le secteur. A Marseille, la collecte des déchets est en effet assurée dans certains arrondissements directement par la Métropole, en régie directe.

Encore 30% à 40% d'ordures à ramasser

Dans La Provence, Jean-Yves Sayag, vice-président du conseil de territoire Marseille Provence délégué aux déchetteries et aux dépôts sauvages, contre-attaque sur un terrain politique : « Faire de la politique politicienne sur des conflits sociaux est déplacé, lance-t-il. Je vous engage plutôt à trouver des solutions pour résoudre les difficultés liées aux grèves des écoles et des crèches ». Contactée ce mardi par 20 Minutes, la Métropole en réfère à ce chiffre : 60 à 70 % des déchets résiduels avaient été ramassés lundi soir, sur près de 900 tonnes non collectées pendant la grève. Et affirme : « le Conseil de Territoire Marseille Provence a exigé auprès de la Direction de Derichebourg qu’elle mobilise tous les moyens nécessaires pour parvenir à un retour à la normale sous trois jours, y compris le recours à du personnel intérimaire si nécessaire.»

Côté politique, le député marseillais Saïd Ahamada (LREM) monte aussi au créneau. Faisant le constat que « seuls quatre camions circulent pour collecter 13 jours d’ordures entassées », il a décidé ce mardi de saisir en référé le tribunal administratif de Marseille. Et ce, « afin qu’il soit ordonné à Martine Vassal de prendre toutes les mesures nécessaires pour rétablir une situation de salubrité et de sécurité pour nos concitoyens ». Les risques accrus d’incendie et la rentrée scolaire caractérisent, selon lui, l’urgence du référé.