Les couples formés via des applications de rencontre sont plus investis, selon une étude

RECHERCHE « Les couples ont des intentions de cohabitation plus fortes que ceux formés dans un contexte non numérique », explique Gina Potarca, la chercheuse qui a travaillé sur le sujet

20 Minutes avec agences

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Illustration de Tinder
Illustration de Tinder — Igor Golovniov / SOPA Images/Sip/SIPA

Contrairement aux idées reçues, les gens utilisant les applications de rencontre mobiles démontrent des intentions orientées vers le long terme et pas seulement une recherche d’aventure superficielle, selon une étude réalisée en Suisse par l’université de Genève. « Les couples ont des intentions de cohabitation plus fortes que ceux formés dans un contexte non numérique », explique l’université dans un communiqué présentant les conclusions de l’étude réalisée par Gina Potarca, chercheuse à l’Institut de démographie et socioéconomie de la faculté des sciences de la sociét et publiée dans le journal PLOS One.

« De plus, les femmes ont également des désirs et des intentions de fécondité plus forts », souligne Gina Potarca. En utilisant les données d’une enquête réalisée en Suisse en 2018 auprès de 3.235 personnes de plus de 18 ans, en couple et ayant rencontré leurs partenaires dans la dernière décennie, la docteure a cherché à savoir si les couples qui se sont formés grâce aux applications de rencontre avaient des intentions différentes quant à l’envie de fonder une famille. Ses résultats démontrent que ceux-ci sont plus motivés que les autres à l’idée de cohabiter.

Pas d’impact sur la qualité des relations

« Beaucoup de médias affirment qu’elles ont un impact négatif sur la qualité des relations en rendant les gens incapables de s’investir dans une histoire d’amour exclusive ou à long terme. Pourtant, jusqu’ici, aucune évidence ne prouve que ce soit le cas », explique la chercheuse.

« L’étude ne dit pas si leur intention finale est de rester en cohabitation sur le long ou le court terme, mais bien qu’aucune différence n’existe sur l’intention de se marier et que le mariage reste très important en Suisse, une grande partie de ces couples voient probablement la cohabitation comme une période probatoire avant le mariage », souligne-t-elle, estimant qu’il s’agit là d’une démarche pragmatique dans un pays où le taux de divorce avoisine les 40 %.

Gina Potarca indique également ne pas avoir constaté de différence d’appréciation sur le bonheur et la qualité de leur relation entre les couples formés en ligne et ceux issus d’une rencontre plus traditionnelle. La chercheuse a par ailleurs constaté que ces applications encouragent le mélange des niveaux d’éducation, surtout entre les femmes diplômées et les hommes moins diplômés.