Coronavirus : « Je vais regarder des émissions qui me font rire »… Covid oblige, ils ne vont pas fêter le Nouvel an

TEMOIGNAGES « 20 Minutes » à demandé à ses lecteurs et lectrices quel sera leur programme jeudi soir

J.-L.D.

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La solitude pour le Nouvel an, un sacrifice nécessaire ?
La solitude pour le Nouvel an, un sacrifice nécessaire ? — Pixabay
  • Dimanche, Olivier Véran a incité les Français et les Françaises à mettre entre parenthèses le Nouvel an, afin de limiter les risques de contamination.
  • Ce choix est selon lui nécessaire au vu des risques d’un rebond épidémique du coronavirus.
  • Une volonté suivie par de nombreux lecteurs de 20 Minutes, qui nous racontent pourquoi ils ne fêteront pas le Nouvel an.

Dimanche dans le JDD, le ministre de la Santé, Olivier Véran, recommandait aux Françaises et aux Français de ne pas fêter le Nouvel an, afin de limiter les risques d’un rebond épidémique du coronavirus. Un vœu écouté par certains d’entre vous, qui avez été nombreux à répondre à notre appel à témoignages autour d’une non-célébration du 31 décembre.

Pour beaucoup, c’est la télévision qui sauvera ce réveillon 2020. Moins enthousiasmant que le champagne, les confettis et les amis, mais plus raisonnable. Nadine, une de nos lectrices, a ainsi décidé de réveillonner seule « devant un joli repas et les émissions tv qui me font rire tous les ans. Et c’est très bien comme ça… Croyez-moi, on n’en meurt pas ».

Un réel sacrifice, mais volontaire

A 31 ans, Nathan ne pense effectivement pas en mourir, mais ne s’emballe pas pour sa soirée en solitaire. « Je regarderai des films que j’aime et je me dirai que je contribue à sauver le pays d’une troisième vague. Ce sera clairement une soirée pourrie, mais si cela permet de faire des soirées en 2021 comme avant, je prends tous les jours. » Il parle de ses projets fous pour l’année à venir, qu’il croit possibles avec l’arrivée des vaccins : New York, des festivals, voire la fête de la bière de Munich en octobre… « C’est extrêmement optimiste, mais c’est à ça que je me raccrocherai jeudi soir ».

Comme lui, beaucoup concèdent que ce Nouvel an sous cloche sera un vrai sacrifice, mais pour de bonnes raisons. Et la soirée sera un peu sauvée par les appels en visio. C’est le cas d’Alice : « Un verre de champagne, en visio avec mes enfants à minuit et on reste à la maison. Bon, ce n’est pas le top, mais c’est pour la bonne cause. » La même chez Liegaux, 42 ans, qui fête traditionnellement le Nouvel an en famille. Sauf cette année donc, après discussion entre frères, sœurs et parents. « Chacun reste chez soi. On fera une visio pour se voir. »

Une option qui est loin de faire l’unanimité. Sophie, 28 ans : « Je crois que si je fais encore un skyp’apéro ou appel Zoom, je vais casser ma webcam. Je préfère le faire seule que passer un simili de soirée qui finalement me rendra plus triste qu’autre chose. »

Tâtonnement ou conviction

Pour certains, il y a eu une longue hésitation. C’est le cas d’Emilia, qui comptait revoir son groupe de six amis qui n’a rien célébré depuis cet été. Notamment son anniversaire, qui tombait en octobre durant le couvre-feu, la fermeture des bars et le confinement : « Pour le Nouvel an, on devait être une quinzaine, on a réduit à six. Finalement, je me suis désistée parce que je ne veux pas prendre de risques… Du coup, changement de plan : on le fête dans le petit comité qu’est la famille, ce qui est plus respectueux des mesures sanitaires. »

Des hésitations que n’a pas connu Quentin, déterminé comme jamais : « Vu que le gouvernement ne prend pas de dispositions radicales comme les autres pays, c’est à nous de prendre nos propres responsabilités. Quoi qu’il arrive, je suis serein, ce ne sera pas de mon fait si ça s’aggrave. De toute manière, c’est mal parti. »

Le deuil plus que la fête

Enfin, il y a eu ceux qui n’ont pas hésité une seconde car le cœur n’est de toute façon pas à la fête. David confie : « Je trouve que personne ne devrait fêter quoi que ce soit en signe de respect et de solidarité avec les gens qui ont perdu des proches. Je resterai bien au chaud chez moi avec ma famille qui vit sous le même toit, tout comme nous avons fait pour Noël. »

Même ton pour Marine : « Pas de Nouvel an cette année malgré le fait que j’ai 23 ans et que j’aurais adoré le fêter avec mes amis. On m’a diagnostiqué un cancer en avril, donc je fais désormais partie des personnes à risque et pas question pour moi de risquer de me faire contaminer. On ne pense pas suffisamment aux jeunes qui sont à risque face au Covid et qui vivent confinés depuis le mois de mars sans interruption. »

Hélène, entre deuil, nécessité de repos et geste collectif, conclue : « Cette année, endeuillée et "à risque", c’est sans hésitation que nous marquerons les 12 coups de minuit à deux, en musique puis en échanges téléphoniques… Raisonnables, solidaires et égoïstes à la fois ! »