Coronavirus : Des gérants de magasins de sport en montagne jugent leur saison terminée

SKI Pas de remontée mécanique, pas de flambée économique

J.-L.D. avec AFP
— 
Les stations de ski s'auto-enterrent
Les stations de ski s'auto-enterrent — Dmitry Feoktistov/TASS/Sipa USA/SIPA

« La montagne se meurt ». Dans une lettre diffusée aux médias, cinq propriétaires de 200 magasins de sport implantés dans les stations de ski françaises jugent qu’avec la fermeture des remontées mécaniques jusqu’en janvier au moins, « leur saison, à peine commencée, est d’ores et déjà terminée ».

Dans ce texte, intitulé « La montagne en dépôt de bilan », les cinq cosignataires s’estiment impuissants face à « l’agonie » de la montagne, bien qu’ayant « tout mis en œuvre » pour ouvrir leurs commerces « dans le respect des protocoles sanitaires ». Garants d’environ un millier d’emplois à travers la région Auvergne-Rhône-Alpes, ils affirment ne pas croire à une « réouverture providentielle » des remontées mécaniques le 7 janvier, cette date leur semblant « irrémédiablement compromise au regard de l’évolution du contexte sanitaire ».

- 95 % de chiffre d’affaires sur le dernier week-end

« Force est aujourd’hui de constater que, malgré les efforts de communication, les stations sont vides », soulignent ces chefs d’entreprise qui expliquent être sortis « exsangues de l’hiver 2020, amputés d’un tiers de leur activité ».

« La saison d’hiver se dérobe et les pertes s’accumulent au fil des jours qui passent […]. S’il ne devait être retenu qu’un seul chiffre, c’est celui de -95 % de chiffre d’affaires sur le dernier week-end », celui du 19 décembre, précisent-ils.

Un leader mondial en berne

Les cosignataires du texte rappellent également qu’outre des « territoires entiers », ce sont aussi des « familles de saisonniers » qui se retrouveront, « très prochainement dévastés » et « sur le carreau ».

« Sauf si les pouvoirs publics décident de sauver ce fleuron de l’économie française, leader mondial de ce secteur, par des mesures idoines s’inscrivant dans la durée… Demain, il sera trop tard, car la montagne se meurt aujourd’hui », concluent-ils.

« On ne remet pas en question les décisions sanitaires. Mais on ne peut pas fermer et laisser mourir nos entreprises car des emplois sont en danger », indique Francis Charbonnel, le propriétaire de dix magasins à l’initiative de la démarche. « Pour les magasins de sport, tout se joue entre le 15 décembre et le 30 avril. On va redémarrer en février après le traditionnel creux de janvier avec une deuxième année de suite amputée de quasiment la moitié », déplore-t-il.