Brexit : Pour les présidents de Bretagne et de Normandie, l’accord préserve les intérêts des pêcheurs

SATISFACTION Selon Loïg Chesnais-Girard et Hervé Morin, « le pire aurait été un Brexit sans accord »

20 Minutes avec AFP

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Des bateaux de pêche français (illustration).
Des bateaux de pêche français (illustration). — Thibault Camus/AP/SIPA

Les présidents des régions Bretagne et Normandie sont satisfaits de l’accord conclu jeudi entre l’Union européenne et le Royaume-Uni. Le volet pêche de celui-ci « préserve les intérêts des pêcheurs » français, qui « ne resteront pas à quai le 2 janvier », ont en effet estimé Loïg Chesnais-Girard et son homologue normand Hervé Morin.

« Le Brexit restera une mauvaise aventure pour l’Europe mais cet accord préserve pour l’instant la pêche, activité majeure de nos régions », ont déclaré les deux présidents, dans un communiqué commun, estimant que « le pire aurait été un Brexit sans accord ». « Maintenant, il faut avancer et analyser précisément les impacts de cet accord, pour la pêche, pour la filière, et notamment la question de la réciprocité. Il faudra voir dans quelles conditions les pêcheurs britanniques auront accès aux eaux territoriales françaises, afin que la ressource hors-quota soit préservée (par exemple la coquille Saint-Jacques) », ont-ils toutefois nuancé.

L’accès primordial aux îles Anglo-normandes

Hervé Morin et Loïg Chesnais-Girard ont également appelé au « respect de l’accord de la baie de Granville pour l’accès aux îles Anglo-normandes », qui revêt selon eux « une importance primordiale pour les pêcheurs français ». L’accord conclu jeudi prévoit de laisser aux pêcheurs européens un accès aux eaux britanniques pendant une période transitoire de 5 ans et demi, jusqu’en juin 2026. Pendant cette transition, l’UE devra progressivement renoncer à 25 % de ses prises, qui s’élèvent en valeur à environ 650 millions d’euros par an.

« L’accès aux eaux ainsi que les équilibres trouvés jusqu’en juin 2026 préservent les intérêts de nos régions et la pérennité de nos flottes et de nos filières », ont estimé Hervé Morin et Loïg Chesnais-Girard. Ce n’est pourtant pas l’avis de tous. De leur côté, la plupart des marins européens ont exprimé leur amertume, dénonçant quasi unanimement le manque de visibilité qu’engendre pour eux cet accord.