Noël à Calais : La justice demande à des migrants de quitter leur tente sous des ponts

PAS DE TREVE DE NOEL Environ 80 tentes sont installées sous plusieurs ponts à Calais « dans des conditions de sécurité et de salubrité particulièrement dégradées ». Pour Noël, la justice demande aux migrants d’évacuer les lieux

Floréal Hernandez

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Des migrants et des tentes à Calais, avril 2020. (Illustration
Des migrants et des tentes à Calais, avril 2020. (Illustration — DENIS CHARLET / AFP

L’esprit de Noël n’a pas frappé la mairie de Calais ni le juge des référés du tribunal administratif de Lille. Saisie par la ville portuaire, la justice a ordonné jeudi aux migrants vivant sous plusieurs ponts de partir sans délai, sans quoi la mairie pourra demander aux forces de l’ordre de les expulser.

Le juge des référés du tribunal administratif de Lille a, via ce jugement, estimé que l’évacuation des lieux, où « sont installées environ 80 tentes dans des conditions de sécurité et de salubrité particulièrement dégradées », présente « un caractère d’urgence et d’utilité » en raison des « risques graves et immédiats » auxquels sont exposés les migrants « en l’absence de toute structure sanitaire », et « compte tenu des impératifs de sécurité, de tranquillité et de salubrité publiques ».

Pas de trêve de Noël, regrettent des assos

Le tribunal juge par ailleurs qu’il « est constant que l’Etat a prévu en novembre 2020 et met en œuvre à Calais un dispositif humanitaire en faveur de la population migrante, garantissant une mise à l’abri, une prise en charge spécifique des mineurs isolés, un accès aux soins et à des structures sanitaires, ainsi que la distribution de repas ».

« Dans ces conditions, la demande de la commune ne se heurte à aucune contestation sérieuse », écrit-il. Ce que réfutent les associations d’aide aux migrants vivant sur le littoral dans l’espoir de rejoindre l’Angleterre, en montant dans des camions ou en traversant la Manche sur de petites embarcations.

« Alors que Calais s’illumine et offre à ses habitants la possibilité de célébrer les fêtes de fin d’année, il n’y aura pas de trêve à Noël pour plusieurs centaines de personnes exilées vivant sous les ponts de la ville », « dont des enfants », s’étaient offusquées mercredi onze associations dans un communiqué commun, avant l’audience.