Coronavirus : Le Comité de suivi des retraites alerte sur un déficit durable du système

FINANCE Le déficit, causé notamment par la crise sanitaire, doit être résorbé et ne peut pas être laissé comme tel, avertit le comité

J.-L.D. avec AFP

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Les retraites coûteraient encore trop chères
Les retraites coûteraient encore trop chères — Jean-Francois Badias/AP/SIPA

Le Comité de suivi des retraites alerte sur le déficit du système, plombé par la crise du Covid-19 et qui dans la plupart des projections « reste sous-financé sur les 25 prochaines années », dans un avis publié ce lundi. Le comité est « amené à alerter sur cette situation de déficit, mais avec un message à différencier selon l’horizon de décision », indique-t-il dans son document adressé au Premier ministre Jean Castex.

Composé de cinq membres, le Comité de suivi des retraites doit évaluer chaque année si le système respecte les trois objectifs assignés par la loi (maintien du niveau de vie des retraités, équité entre assurés, pérennité financière), sur la base du COR.

L’endettement, loin d’être une stratégie durable

Selon les projections du COR, qui ne prenaient pas en compte des effets de la deuxième vague de Covid, la perspective d’une sortie des déficits est repoussée à 2045. Et encore, cela supposerait une improbable hausse de la productivité de 1,8 % par an. Avec un taux – toujours très optimiste – de 1,5 %, il faudrait attendre 2053. En deçà, le système « resterait durablement en besoin de financement », au moins jusqu’en 2070.

Or si à court terme la crise sanitaire ne pouvait qu’être synonyme d’endettement, ce dernier « ne saurait cependant constituer une stratégie durable », a noté le président du Comité de suivi, Didier Blanchet, lors d’un point de presse. Parmi les pistes avancées pour le retour à l’équilibre, le comité évoque le niveau d’indexation des pensions. « Mais ceci devrait dans ce cas se faire sans à-coups inutiles, et en limitant ses effets pour les retraités les moins favorisés », selon l’avis.

Une priorité ?

Mais il est possible de jouer aussi sur l’âge de départ à la retraite, « pour lequel une marge d’ajustement subsiste », estime le comité. « Le gouvernement prend note de l’ensemble de ces observations, qui aideront à nourrir le moment venu le dialogue social sur la stratégie de redressement du système de retraite », a indiqué Jean Castex dans un communiqué.

Le comité rappelle qu’il ne lui « appartient pas de se prononcer sur le principe d’une relance du projet » de système universel de retraites, promesse de campagne d’Emmanuel Macron qui a suscité une longue mobilisation dans la rue l’hiver dernier.

Suspendue au début de l’année en raison de la pandémie, la réforme s’est réinvitée dernièrement dans le débat politique. Le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, a vu dans la relance de ce chantier une « priorité absolue », ce qu’ont contesté d’autres membres de la majorité et du gouvernement.