Cyberharcèlement : L’Union européenne va forcer les plateformes à agir

HAINE EN LIGNE Le commissaire européen, Thierry Breton, a rappelé que les publications antisémites qui ont visé la première dauphine lors de Miss France 2021 sont « punies par la loi »

20 Minutes avec AFP
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Le commissaire européen au Marché intérieur, Thierry Breton, à Bruxelles le 19 novembre 2020.
Le commissaire européen au Marché intérieur, Thierry Breton, à Bruxelles le 19 novembre 2020. — Olivier Matthys/AP/SIPA

L’Union européenne ne veut rien laisser passer concernant les « propos haineux » en ligne. A la suite des publications « antisémites » qui ont visé la première dauphine lors de l’élection de Miss France 2021, le commissaire au Marché intérieur, Thierry Breton, a rappelé dimanche que ces contenus sont « punis par la loi ». Surtout, les plateformes devront bientôt « se donner les moyens » de répondre « aux injonctions des autorités ».

Responsabiliser les grandes plateformes

Le Règlement sur les services numériques (« Digital Services Act », DSA) premier volet d’une nouvelle législation présentée mardi par l’Union européenne, vise à responsabiliser les grandes plateformes, qui devront notamment disposer des moyens pour modérer les contenus qu’elles accueillent et coopérer avec les autorités. « En France et en Europe, nous avons des lois, c’est ce qui fait notre vivre-ensemble, notre démocratie : dans aucun espace, il n’est toléré d’émettre des propos haineux et dans ce cas, antisémites : c’est puni par la loi », a déclaré Thierry Breton sur BFMTV.

Il était interrogé sur les commentaires antisémites postés sur les réseaux sociaux, dont a été victime April Benayoum, Miss Provence, arrivée deuxième à l’élection de Miss France samedi. « Quand vous êtes dans un avion et que vous proférez ce type de propos, le commandant de bord a la possibilité et le droit, souvent l’obligation, d’intervenir et vous êtes ensuite livré aux autorités de police. Dans un navire, c’est la même chose, dans la rue c’est pareil », a-t-il poursuivi. Or, « dans l’espace informationnel aussi », a expliqué le commissaire européen : « Je dis très clairement à toutes celles et tous ceux qui nous écoutent : "Ne croyez pas que parce que vous vous exprimez sur les réseaux, vous êtes impuni" ».

Le Parlement européen et les Etats membres de l’UE se sont déjà mis d’accord, le 10 décembre, sur une législation qui impose aux plateformes numériques de retirer dans l’heure les contenus terroristes, sous peine de fortes amendes.