La SNCF a supprimé 7.000 emplois en trois ans

TRANSPORTS La SNCF a recruté quelque 4.100 personnes l’an dernier en CDI, un chiffre en baisse, notamment chez les jeunes

20 Minutes avec AFP

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Des «gilets rouges» SNCF à la gare Saint-Lazare, le 13 janvier 2020.
Des «gilets rouges» SNCF à la gare Saint-Lazare, le 13 janvier 2020. — ClÈment Follain / 20 Minutes

La SNCF a supprimé 7.000 emplois en trois ans, de 2017 à 2019, l’effectif total passant de près de 159.700 agents à la fin 2017 à environ 152.700 à la fin 2019, selon un bilan social du groupe public ferroviaire.

Au cours de ces trois années, la SNCF a enregistré quelque 21.500 départs au total (retraite, licenciements, démissions, ruptures conventionnelles…) et a recruté près de 14.800 personnes en CDI, d’après le bilan du groupe. En 2019, première année de mise en œuvre de la réforme ferroviaire, adoptée en 2018 malgré une longue grève, près de 6.600 personnes ont quitté l’entreprise, un chiffre en baisse de 2,5 % par rapport aux quelque 6.750 départs enregistrés l’année précédente.

L’embauche des jeunes en baisse

Parmi ces sorties du groupe, les départs à la retraite ont diminué de 14,8 % (environ 3.400), comparés à ceux de 2018, alors que les démissions ont grimpé de 26 % (près de 1.300), les ruptures conventionnelles bondissant de 66 % (environ 470).

L’année 2019 était celle de l’arrêt des embauches au statut de cheminot, conformément aux dispositions de la réforme ferroviaire. La SNCF a recruté quelque 4.100 personnes l’an dernier en CDI, soit un recul de 6,5 % par rapport à 2018. Les recrutements de jeunes de moins de 25 ans (environ 6.200) sont en forte diminution (-18 %).

« Le ferroviaire ne séduit plus », pour SUD-Rail

Dans l’introduction de son bilan social, le groupe note que « les évolutions technologiques, la situation économique et l’urgence écologique transforment en profondeur (ses) activités et (ses) métiers », tandis que la réforme ferroviaire « a renforcé les exigences de performance » en mettant la SNCF « en situation de concurrence accrue ». « Dans ce contexte », le groupe doit « être un employeur encore plus attractif et engagé », ce qui « passe notamment par le développement des compétences des collaborateurs », ajoute l’entreprise.

Mais pour SUD-Rail, le groupe ferroviaire « ne séduit plus ». « Chaque année », son bilan social « vient contredire la communication de la direction vantant l’attractivité de l’entreprise et son prétendu engagement sociétal », critique le troisième syndicat de la SNCF dans un communiqué.

Avec 7.000 postes disparus en trois ans, la SNCF a réalisé « le principal plan de suppression d’emplois en France », poursuit SUD-Rail. En outre, « la fragmentation de la SNCF en multiples activités autonomes et le passage en sociétés anonymes [le 1er janvier 2020] » augmentent le nombre des personnels d’encadrement quand des postes sont supprimés « sur le terrain », proteste le syndicat.