Cher : La préfecture menace de suspension d’agrément l’abattoir de Blancafort

SOUFFRANCE ANIMALE Les autorités estiment que l’exploitant « est en perte de maîtrise sur le plan de la protection animale »

20 Minutes avec AFP

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Blancafort dans le Cher.
Blancafort dans le Cher. — JOBARD

L’abattoir de Blancafort dans le Cher est dans le viseur des autorités, mais aussi de l’association L214. La préfecture du département a « engagé une notification de suspension d’agrément » à l’encontre de l’établissement, a-t-elle annoncé mercredi soir. Face aux manquements concernant la protection animale, elle a laissé à l’exploitant « 48 heures pour mettre en place des mesures correctrices ».

« Le rapport d’inspection, en date du 16 décembre, constate plusieurs non-conformités majeures montrant que l’abattoir est en perte de maîtrise sur le plan de la protection animale », a justifié la préfecture du Cher, sans donner de précisions. En octobre, rappelle la préfecture, « une mise en demeure a été notifiée (…) à un transporteur pour remédier aux non-conformités concernant le transport des animaux vivants sur cet abattoir ».

Trois dysfonctionnements majeurs selon L214

Une nouvelle inspection a ainsi été réalisée sur site le 11 décembre. Face aux manquements constatés, « le préfet du Cher a immédiatement engagé une notification de suspension d’agrément », note le communiqué. « Dans le cadre de la procédure contradictoire (…), l’exploitant dispose d’un délai de 48 heures pour mettre en place des mesures correctrices immédiates et un plan d’action structurel global. Faute de mesures satisfaisantes au regard de la protection animale, la suspension d’agrément sera notifiée à l’issue du délai de procédure contradictoire », concluent les services de l’Etat.

Un peu plus tard dans la soirée, L214 a dévoilé sa propre enquête sur l’abattoir. S’appuyant sur une vidéo tournée en octobre 2020, l’association de défense des animaux relève trois dysfonctionnements majeurs sur le site et « réclame la suspension immédiate de l’agrément de l’abattoir ». « Lorsqu’elles sont suspendues aux crochets, les dindes doivent relever la tête pour ne pas racler le plancher métallique ; la chaîne est si longue (…) que les dindes peuvent rester suspendues, conscientes, pendant plus de deux minutes, temps qui dépasse le maximum autorisé par la réglementation ; les installations ne permettent pas d’accéder aux animaux sur toute la chaîne d’abattage, (…) rendant impossible toute intervention en cas d’urgence », détaille l’association mercredi soir dans un communiqué.

Le transport pointé du doigt

Comme la préfecture du Cher, L214 relève aussi des problèmes dans le transport des animaux. Vidéo à l’appui, l’association estime que « les dindes sont entassées dans des caisses dont la hauteur est insuffisante », empêchant « une ventilation adéquate ». « Les poubelles de l’abattoir sont remplies des cadavres des dindes qui n’ont pas survécu à ces conditions de transport », assure l’association.

Selon L214, l’abattoir du Cher abat 75.000 dindes par semaine. L’entreprise Les Volailles de Blancafort est spécialisée dans la découpe et le conditionnement de volaille depuis plus de 40 ans. Elle appartient au groupe volailler LDC et vend sous la marque Le Gaulois.