Coronavirus en Occitanie : Un service pour gérer les inévitables conflits entre familles et Ehpad

CONTRECOUP Les contraintes sanitaires exacerbent souvent les relations entre les Ehpad et les familles de résidents. En Occitanie, un tout nouveau service propose des médiations

Hélène Ménal

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Mains d'une personne âgée. Illustration.
Mains d'une personne âgée. Illustration. — Sabine van Erp
  • Les restrictions sanitaires ont parfois entraîné des conflits entre les Ehpad et les familles de résidents.
  • En Occitanie, un service d’accompagnement sera lancé vendredi pour débloquer ces situations individuelles.
  • Les bénévoles du Saede viendront à la rescousse, tentant le difficile équilibre entre les aspirations humaines et les contraintes sanitaires.

Comment quelqu’un qui fait 12.000 kilomètres une fois par an pour voir sa mère à Noël peut-il accepter que la visite ne dure qu’une demi-heure ? Combien de fois depuis le début de l'épidémie un soignant ou accompagnant a-t-il entendu de la part d’un résident un fataliste : « Si c’est pour finir comme ça, ça n’en vaut pas la peine » ?

Alors que dans les Ehpad les visites se font toujours sur rendez-vous, que les sorties de Noël vont entraîner des isolements en chambre, Pierre Ricordeau, le directeur général de l'agence régionale de Santé​ (ARS) en Occitanie, en convient : « Des questions très difficiles se posent entre la nécessité de protéger les résidents et leur droit à la liberté, à la vie de famille ». Parfois même, le débat s’envenime jusqu’à la rupture entre la direction de l’Ehpad et les proches.

Des binômes et des solutions concrètes

C’est pour rapprocher des points de vue, légitimes de part et d’autre, que le dispositif Saede (Service d’accompagnement, d’écoute et de dialogue éthique), qui n’existe pour l’heure et depuis peu qu’en Nouvelle-Aquitaine, est lancé ce vendredi. « L’idée est de trouver une solution concrète et partagée pour apaiser les souffrances », expose Jean-Michel Bruel de France Assos Santé, le collectif d’associations d’usagers qui déploiera ses bénévoles pour agir en médiateurs sur les dossiers. « L’anonymat sera garanti, il y aura des permanences et une possibilité de laisser un message », ajoute le Pr. Jacques Lagarrigue, responsable régional de l’Espace de réflexion éthique qui complétera les « binômes » par ses propres troupes. Il reconnaît dans un euphémisme que les cas de conflits qui lui remontent sont « loin d’être peu fréquents ».

Réunions, médiations, les bénévoles auront la délicate tâche de « trouver des adaptations individuelles », pour les visites par exemple, « qui respectent les responsabilités collectives » des Ehpad. Un vrai sacerdoce, d’autant que va venir le temps du débat sur la vaccination avec les familles.

Comment contacter le Service d’accompagnement, d’écoute et de dialogue éthique ?

Le Saede est joignable ou par mail à l'adresse saede.occitanie@gmail.com ou par téléphone au 0801 902 303 à partir du vendredi 18 décembre.