Les ruraux ont une espérance de vie deux ans inférieure à celle des urbains en France

INEGALITE Les déserts médicaux ne sont pas pour rien dans cette inégalité, qui s'aggrave depuis vingt ans

20 Minutes avec AFP

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Un village français, dans les vignes.
Un village français, dans les vignes. — FRANCOIS NASCIMBENI / AFP

L’espérance de vie à la campagne se dégrade depuis le début des années 2000 par rapport aux villes, les ruraux vivant en moyenne deux ans de moins que les urbains, révèle une étude publiée mercredi par l’Association des maires ruraux (AMRF). L’étude a été réalisée à partir de données de l’Insee par Emmanuel Vigneron, professeur des universités à Montpellier, spécialiste de l’approche territoriale de la santé.

« Le différentiel entre les zones les plus profondément rurales et les zones les plus densément peuplées ne cesse de se creuser au fil des ans », a affirmé l’auteur de La santé au XXIe siècle, aux éditions Berger-Levrault. Le professeur a ainsi observé une « aggravation au cours des trente dernières années entre les départements ruraux et les départements urbains », les hommes étant les plus mal lotis avec 2,2 ans de moins d’espérance de vie à la naissance, contre 0,9 ans chez les femmes.

« Une réalité » pour l’Association des maires ruraux

Pour Dominique Dhumeaux, premier vice-président de l’AMRF et maire du village de Fercé-sur-Sarthe (Sarthe), cette étude confirme « une réalité » qu’il perçoit sur le terrain. Il craint d’ailleurs que la dégradation se poursuive au cours des prochaines années avec l’augmentation des déserts médicaux en raison de nombreux départs à la retraite des généralistes.

« Il est évident que dans les trois ou quatre ans, les chiffres démontreront que l’espérance de vie se sera encore dégradée à la campagne par rapport à la ville », prévoit-il, assurant que le but de cette étude est « d’alerter les politiques » sur la situation de la santé dans les zones rurales.

L’AMRF avait publié une autre étude il y a dix jours qui démontrait que les habitants des régions rurales « consommaient 20 % de soins hospitaliers en moins que ceux des villes ». « Cela démontre, hélas, qu’à force d’être éloignés de l’accès aux soins, les gens ne vont plus ou vont moins chez le médecin ou, quand ils y vont, trop tard », a regretté Dominique Dhumeaux.