Coronavirus : L’annonce de Jean Castex pour les deux derniers jours d’école de décembre divise les parents

VOUS TEMOIGNEZ La possiblilté de ne pas envoyer ses enfants à l'école jeudi et vendredi peine à convaincre nos lecteurs

Pierre Cloix

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Ces deux jours sont loin de passer pour des vacances anticipées.
Ces deux jours sont loin de passer pour des vacances anticipées. — Canva/20 Minutes
  • Le Premier ministre Jean Castex a annoncé que les enfants pourront ne pas aller à l’école jeudi 17 et vendredi 18 décembre. Nous avons interrogé nos lecteurs à ce propos.
  • Certains en profiteront pour s’autoconfiner avant les fêtes, d’autres laisseront leurs enfants à l’école.

Jean Castex l’a dit. Si vous le souhaitez, vous pouvez ne pas envoyer vos enfants à l' école les 17 et 18 décembre, dans l’objectif de limiter les contaminations au coronavirus​ qui pourraient intervenir pendant ce laps de temps. Et, en théorie, vous pourrez passer Noël plus sereinement.

Si une certaine partie de la population a déjà décidé de « s’autoconfiner » en prévision des fêtes de fin d’année pour limiter les risques, cette recommandation avancée par le Premier ministre est loin de faire l’unanimité parmi nos lecteurs.

« Considérer que l’école est facultative, c’est une honte »

Parmi les témoignages que vous nous avez envoyés, certains peinent à se retrouver dans les diverses mesures, tandis que d’autres, comme Mathieu, sont plus incisifs : « L’école est-elle une garderie ? A quoi ça va servir ? Les personnes vont aller avec leurs enfants faire leurs courses de noël avec tout le monde. Considérer que l’école est facultative, c’est une honte », s’agace-t-il. Si le ton ne monte pas à ce point dans tous les témoignages, certains s’interrogent sur ce qui peut paraître comme une annonce contradictoire à ce qui est mis en place depuis ce mardi 15 décembre : « J’ai deux enfants au lycée, ils n’y vont déjà qu’une semaine sur deux alors je me vois mal leur interdire d’aller en classe pour protéger notre réveillon alors que nous, adultes, nous continuons de sortir pour travailler. De plus pratiquant tous les deux le handball et l’ouverture des gymnases étant de nouveau autorisée pour les mineurs, quelle justification peut-on apporter au fait de s’autoconfiner en séchant les cours tout en reprenant une activité sportive ? Encore une annonce irréfléchie, les congés sont posés depuis bien longtemps, les centres aérés retenus depuis des semaines… Alors culpabiliser les gens avec cet hypothétique reconfinement individuel, ça devient risible », conclut, amère, Françoise.

Chez les professeurs, l’incompréhension est également de mise : « Je suis enseignante et je suis surprise par cette décision ministérielle. Offrir cette opportunité aux parents, c’est bien au niveau sanitaire, mais à la condition que le confinement soit strict et que les parents le fassent aussi. Pas de visite de magasins, pas de transports en commun, pas de retrouvailles entre amis… J’ai vraiment des doutes sur le respect d’un tel confinement pendant sept jours. Je trouve aussi cela très irrespectueux de notre travail d’enseignant. Comme si trois jours (et oui, il y a cours le samedi dans les lycées !) ce n’était pas grave. J’ai déjà du mal à faire travailler mes élèves avec ce rythme, cela ne va rien arranger… », craint Christel.

« Une bonne initiative qui cache quand même une belle hypocrisie »

Même du côté des convaincus, cette « permission » est reçue en demi-teinte par certains : « C’est une bonne initiative mais qui cache quand même une belle hypocrisie. Pourquoi ne pas tout simplement faire commencer les vacances deux jours plus tôt ? L’économie va mal mais sommes nous à deux jours près ? Et que dire aux enseignants ? On protège les enfants mais vous, tant pis ? », se demande ainsi Jérémie.

En définitive, parmi les témoignages que nous avons reçus, les seuls qui n’émettent aucun doute sont ceux qui érigent la prudence comme principe absolu pour les fêtes, et pour qui tout gage de sécurité supplémentaire est bon à prendre : « J’ai effectivement décidé de garder mon fils de douze ans à la maison. Nous ne ferons pas l’impasse sur la joie de retrouver mes parents à Noël. Nous ne nous sommes pas vus pendant ce dernier confinement, je suis restée à la maison mais mon fils va au collège tous les jours, j’étais donc bien consciente qu’il risquait de ramener la Covid-19 à la maison. Nous allons donc profiter de cette soupape de sécurité en nous autoconfinant avant Noël », explique Linda.

Pour Audrey, cela va même encore plus loin, puisqu’elle l’aurait fait, même sans l’aval du Premier ministre : « De moi-même je l’avais déjà envisagé. Je vais garder mes enfants de 16 et 10 ans à la maison jeudi et vendredi, et je télétravaillerai. Je préfère prendre toutes mes précautions pour pouvoir accueillir sereinement mes parents le 24 au soir, en respectant tout de même les gestes barrières bien sûr ! »