Confinement en Vendée : Un enseignant donne un cours dans la rue pour dénoncer la « détresse » des étudiants

UNIVERSITE Un enseignant de l’université de Nantes a tenu son cours mardi en début d’après-midi, sous un grand soleil, en plein centre-ville de La Roche-sur-Yon

20 Minutes avec AFP

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Un enseignant donne un cours universitaire à La Roche-sur-Yon, le 15 décembre 2020.
Un enseignant donne un cours universitaire à La Roche-sur-Yon, le 15 décembre 2020. — L.Venance/AFP
  • Une quarantaine d’étudiants se sont réunis place Napoléon à La Roche-sur-Yon, à l’appel de leur enseignant.
  • « Ce n’est pas une manifestation mais l’envie de faire mon travail et d’accueillir les étudiants pour alerter sur leur profonde détresse psychologique », a-t-il expliqué.

Le « cours de rue », organisé ce mardi à La Roche-sur-Yon, en Vendée, avait pour but d’alerter sur la « profonde détresse psychologique des étudiants », dont les établissements restent fermés en raison du Covid-19. Place Napoléon, en plein centre-ville, et devant une église, Olivier Ertzscheid, maître de conférences en information et communication à l’ université de Nantes, a tenu son cours en début d’après-midi, sous un grand soleil et devant une quarantaine d’étudiants.

Muni d’un micro-casque et d’un amplificateur, il avait convié ses étudiants de première et deuxième années du DUT information-communication de La Roche-sur-Yon mais aussi tout étudiant qui le souhaite à suivre un cours de culture numérique. « Ce n’est pas une manifestation mais l’envie de faire mon travail et d’accueillir les étudiants pour alerter sur leur profonde détresse psychologique », a-t-il expliqué. Il a dit avoir voulu réagir « à l’annonce du président Emmanuel Macron de rouvrir les églises pour le culte tout en maintenant les universités fermées ».

Etudiants et parents inquiets

Depuis la publication d’une chronique intitulée « L’université vaut bien une messe, être étudiant en 2020 » sur son blog le 23 novembre, cet universitaire a reçu plus d’une centaine de messages d’étudiants ou de parents inquiets de la situation. « Des jeunes sont en train de perdre leur sommeil et d’arriver à un niveau de stress jamais atteint, surtout que nous sommes en période d’examens », confie-t-il. « Mes propres étudiants vivent ce confinement comme un enfermement et l’absence de sociabilité les abîme ».

Selon l’enseignant, les cours 100 % à distance ont atteint leurs limites. « Les étudiants n’en peuvent plus de passer huit heures par jour devant leur écran », a-t-il constaté. « Même si on essaie d’adapter et de raccourcir les séances, la démotivation est gigantesque, quel que soit le profil des étudiants, des décrocheurs aux premiers de la classe. Cette génération a l’impression de ne plus avoir d’horizon et d’aller droit dans un mur », a-t-il ajouté.