« Beauvau de la sécurité » : Alliance, l’un des principaux syndicats policiers, refuse de participer

ACCUSATIONS DE VIOLENCES Les syndicats de police, qui estiment que les conditions pour un dialogue ne sont pas réunis, doivent être reçus vendredi au ministère de l'Intérieur

20 Minutes avec AFP

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Le secrétaire général du syndicat de police Alliance, Fabien Vanhemelryck, le 27 novembre 2020.
Le secrétaire général du syndicat de police Alliance, Fabien Vanhemelryck, le 27 novembre 2020. — Bertrand GUAY / AFP

Dans un courrier à Emmanuel Macron, le syndicat Alliance, majoritaire chez les gardiens de la paix, a exposé son refus de participer au «Beauvau de la sécurité». Cette concertation sur les conditions de travail et l’avenir de la police doit se tenir en janvier 2021.

« Un énième séminaire sans mesure concrète au préalable serait jugé indécent », écrit dans ce courrier transmis mardi à l’AFP, Fabien Vanhemelryck, secrétaire général du syndicat, en listant une série de demandes. En pleine polémique sur les « violences policières », Emmanuel Macron avait annoncé le 8 décembre la tenue à partir de janvier d’un « Beauvau de la sécurité » afin d'« améliorer les conditions d’exercice » des forces de l’ordre et « consolider » leurs liens avec les Français.

Des conditions de travail « pas réunies »

Posant ses conditions, le syndicat Alliance réclame notamment, en préalable, une « peine minimale incompressible pour les agresseurs de policiers », le « floutage » des policiers filmés et des « mesures sociales » dont la gratuité des transports. « Vos propos sur les policiers sous-entendant que nos collègues seraient racistes ou violents, ont suscité un vif émoi, une colère jamais atteinte », ajoute le syndicat, en référence aux déclarations du chef de l’Etat au média en ligne Brut le 4 décembre sur l’existence de contrôles au faciès.

« Nous vous informons donc, qu’à l’heure où je vous écris, nous ne participerons pas au « Beauvau de la Sécurité » car les conditions pour y travailler sereinement ne sont pas réunies », écrit le secrétaire général d’Alliance.

Depuis l’interview à Brut d’Emmanuel Macron, des rassemblements de policiers ont eu lieu dans plusieurs villes de France. Lundi soir, une centaine de policiers se sont rassemblés devant l’Arc de Triomphe à Paris. Plus tôt lundi matin, 130 policiers grenoblois avaient déposé en préfecture des demandes de rupture conventionnelles pour protester contre le « lâchage » présidentiel de la police. Les syndicats de police doivent être reçus vendredi par le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin.