Noël : Une « honte » ! A Rome, la crèche installée sur la place Saint-Pierre ne laisse pas indifférents les internautes

FAKE OFF L'orginalité de la structure et de ses santons cylindriques a provoqué la colère et l'incompréhension de certains croyants sur les réseaux sociaux

Tom Hollmann

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Des fidèles face à la scène de la Nativité, sur la place Saint-Pierre, au Vatican, le 13 décembre 2020
Des fidèles face à la scène de la Nativité, sur la place Saint-Pierre, au Vatican, le 13 décembre 2020 — Gregorio Borgia/AP/SIPA
  • La crèche de Noël du Vatican et son sapin de 28 m ont été inaugurés le 11 décembre dernier sur la place Saint-Pierre.
  • Cylindriques et inspirés de l’art contemporain, les santons ont provoqué l’ire de certains fidèles sur les réseaux sociaux, pour qui une telle allure est une « honte ».
  • Ces statues à taille humaine ont pourtant été réalisées à Castelli, petit village des Abruzzes (Italie) spécialisé dans le travail de la céramique depuis le XVIe siècle en Italie, et ont même déjà été exposées en terre sainte.

Des personnages cylindriques et peu expressifs, un drôle de guerrier… Et même un astronaute ! L’allure extravagante de la crèche de Noël, inaugurée le 11 décembre dernier au Vatican, provoque la « honte » de certains fidèles sur les réseaux sociaux, tandis que d’autres croient à un canular. « C’est sérieux ? », interroge l’un d’entre eux.

Pour de nombreux internautes l'édition 2020 de la crèche de Noël du Vatican est source de
Pour de nombreux internautes l'édition 2020 de la crèche de Noël du Vatican est source de - Tom Hollmann

« Tout fout le camp », a réagi sur Twitter le député européen RN Gilbert Collard, qualifiant ses santons de « Playmobils » et de « totems païens ». Bien qu’originale, cette œuvre, qui a effectivement été installée sur le parvis de la basilique Saint-Pierre, est le fruit du travail artisanal d’un petit village des Abruzzes et a déjà été exposée en Terre Sainte.

Une crèche en céramique artisanale

L’édition 2020 de la crèche du Vatican provient de Castelli, un village d’un millier d’habitants spécialisé dans le travail de la céramique depuis le XVIe siècle et situé sur les pentes du massif du Gran Sasso, dans le centre de l’Italie. Réalisé par les élèves et les professeurs de l’institut d’art « F.A. Grue », spécialisé dans la réalisation d’œuvres liées au thème de Noël, les santons en céramiques ont été conçus dans les années 1960 avec des modules annulaires qui, une fois superposés, forment des bustes cylindriques.

Dix-neuf des cinquante-quatre santons originaux ont été amenés au Vatican pour trôner auprès d’un épicéa slovène de 28 m. Ces statues à l’allure contemporaine évoquent également les arts sumériens et égyptiens avec leurs formes en sarcophage et ont déjà été exposées à Rome, Tel-Aviv, Jérusalem et Bethléem.

« Jamais comme cette année, l’arbre et la crèche contribuent à créer l’atmosphère de Noël favorable pour vivre avec foi le mystère de la naissance [du Christ] », a salué le pape François, vendredi 11 décembre, alors qu’il recevait une délégation de Castelli, quelques heures avant l’inauguration de cette « crèche monumentale en céramique ». Pour le journaliste et écrivain spécialiste du Vatincan Aldo Marria Valli, le choix des sculptures est raté. Dans un billet de blog, il a décrit sans nuances et avec force « une crèche horrible, qui fait peur et fera certainement pleurer les enfants. »