Coronavirus dans les stations de ski : Les remontées mécaniques pourraient rouvrir le 7 janvier

SKI Le gouvernement a également annoncé une batterie de mesures d’accompagnement, avec une enveloppe de quelque 400 millions d’euros

20 Minutes avec AFP

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Illustration d'une station de ski.
Illustration d'une station de ski. — NICOLO REVELLI-BEAUMONT/SIPA

Si la situation sanitaire le permet, les remontées mécaniques pourraient rouvrir à partir du 7 janvier, a fait savoir le gouvernement, ce vendredi, annonçant 400 millions d’euros pour aider la filière.

« Le Premier ministre a indiqué que l’ouverture prévisionnelle pourrait se faire à partir du 7 janvier sous réserve » d’une poursuite du reflux de l’épidémie, a déclaré le secrétaire d’Etat au Tourisme Jean-Baptiste Lemoyne vendredi, à l’issue d’une visioconférence avec des élus et acteurs de la montagne.

« Le gouvernement nous a entendus, ça fait du bien »

Alors que la fermeture à Noël a suscité colère et inquiétude dans le monde de la montagne, le gouvernement a également déployé une batterie de mesures d’accompagnement, avec une enveloppe de quelque 400 millions d’euros, a précisé Jean-Baptiste Lemoyne. Pour les professionnels et les élus, l’éclaircie est d’autant plus bienvenue que juste avant, le Conseil d’Etat avait rejeté leur saisine, confirmant le maintien de la fermeture des remontées mécaniques à Noël.

« Le gouvernement nous a entendu, ça fait du bien. Tout n’est pas parfait. Il va falloir regarder de près des indemnisations pour n’oublier personne dans cette triste affaire », affirme Jean-Luc Boch, président de l’association nationale des maires de stations de montagne (ANMSM). Déçu de la décision du Conseil d’Etat, le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez (LR) s’est néanmoins dit « satisfait d’avoir une date. D’ici là les stations vont se mobiliser pour montrer leur sérieux ». « On est toujours très tristes de ne pas ouvrir à Noël, mais il y a une vraie couverture de l’Etat pour que les territoires touristiques de montagne ne se cassent pas la gueule », estime également Alexandre Maulin, président de Domaines skiables de France.

Les « pulls rouges » intégrés

Dans le détail, quelque 12.000 commerces « situés dans une zone de montagne » seront éligibles au fonds de solidarité renforcé, qui offre jusqu’à 10.000 euros d’indemnisation, pour une baisse de 50 % du chiffre d’affaires, a détaillé Jean-Baptiste Lemoyne. Les moniteurs de ski, « les fameux pulls rouges », « seront aussi éligibles ». Eric Brèche, président du Syndicat national des moniteurs du ski français (17.000 moniteurs France entière, et 220 écoles de ski) a salué ces mesures qui vont permettre « réamorcer la pompe le plus tôt possible ». Pour les remontées mécaniques, « il a été décidé de compenser à hauteur de 70 % les charges fixes », sans plafond, a également annoncé le secrétaire d’Etat.

Cela « suppose que nous ayons l’autorisation de la Communauté européenne car beaucoup sont des acteurs privés et que ces aides, compte tenu de leur ampleur, sont considérées comme des aides d’Etat », a précisé le Premier ministre Jean Castex, lors d’un entretien avec le quotidien L’Indépendant pour le groupe La Dépêche du Midi. Dominique Marcel, PDG de Compagnie des Alpes, géant du secteur, qui a salué une « bonne nouvelle, fruit d’un formidable collectif », s’est réjoui sur ce point de « la volonté du gouvernement de faire sauter le plafond fixé à trois millions par la Commission européenne, pour que les plus grosses entreprises, comme la sienne, puissent être soutenues à la hauteur des frais engagés », largement supérieurs.

Près de 1,5 milliard de pertes

« Sachant que la perte réelle de chiffre d’affaires devrait avoisiner les 1,5 milliard d’euros pour la montagne, tous acteurs confondus, entre début décembre et le 7 janvier, 400 millions est une aide conséquente », juge Didier Arino, directeur du cabinet spécialisé Protourisme. En revanche pour les industriels du secteur, la « vigilance » reste de mise, car ils ne sont pas intégrés dans les mesures annoncées vendredi, explique Virgile Caillet, délégué général de L’Union sport & cycle. Selon lui, le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, s’est montré favorable à leur inclusion.

Sur la question cruciale des saisonniers, Jean-Baptiste Lemoyne a rappelé que « ceux qui sont embauchés pourront bénéficier » des dispositifs d’activité partielle, sans reste à charge pour les employeurs. Selon lui, « les remontées ont embauché 95 % de leurs saisonniers » et pour les magasins le taux d’embauche est « de 85 à 90 % ». Mais la CGT évoque plutôt un recrutement de 40 % des 120.000 saisonniers habituels, surtout dans l’hôtellerie-restauration. La prochaine étape pour ce secteur qui pèse 10 milliards d’euros de retombées économiques sera de peaufiner les protocoles sanitaires déjà très rigoureux, pour éviter des ouvertures suivies de fermetures.